Manifestations à Kiev : déferlement de violence contre les journalistes

Reporters sans frontières est consternée par l’ampleur des violences infligées aux professionnels des médias au cours des manifestations pro-européennes à Kiev. Depuis le 29 novembre 2013, pas moins de quarante-cinq journalistes ont été blessés lors des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. La plupart de ces attaques étaient délibérées. “La récurrence des agressions de journalistes et leur gravité suggèrent une véritable volonté de répression de la liberté de l’information. Il est intolérable que les médias soient une fois de plus victimes des troubles socio-politiques qu’ils sont venus couvrir dans le cadre de leurs activités professionnelles. Les forces de l’ordre, en particulier, se sont rendues coupables de violences ciblées et disproportionnées, au mépris de leur responsabilité de protéger la presse. Nous exhortons les autorités compétentes à diligenter les enquêtes nécessaires et à prendre des sanctions à l’encontre des responsables de ces violences”, a déclaré Reporters sans frontières. D’après les données recueillies par l’organisation, au moins huit journalistes couvrant les manifestations de ces derniers jours ont été atteints par des grenades assourdissantes ou des grenades lacrymogènes, avec des conséquences parfois sérieuses pour leur santé. C’est le cas par exemple du journaliste de LB.ua Max Levin. Vingt-six autres, dont le photographe de Zhitomir.info Mikhaïl Zagorski et le cameraman d’Euronews Roman Kouprianov, ont été passés à tabac en connaissance de cause par des représentants des forces de l’ordre. Cinq encore, tels que les reporters de Gromadskoe Telebatchennya Dmitry Gnap et Iakov Lioubtchitch, ont été pris à partie par des manifestants ou des inconnus en civil. Plusieurs d’entre eux ont dû être hospitalisés. Parmi les quarante-cinq journalistes victimes de violences figurent huit étrangers. Voir la liste complète compilée par l'organisation ukrainienne Institute for Mass Information (IMI), partenaire de Reporters sans frontières. Les manifestations lancées en protestation contre la décision du président ukrainien Viktor Ianoukovitch de suspendre les négociations d’association avec l’Union européenne, se sont transformées en un mouvement anti-gouvernemental d’une ampleur inédite depuis la “Révolution orange” de 2004. L’Ukraine figure à la 126e place sur 179 dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières. (Photo: Sergei Supinsky / AFP)
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Updated on 20.01.2016