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1 avril 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Malgré sa condamnation, le journaliste Gustavo Azócar sort de prison


Présentateur de la chaîne Televisora del Táchira et ancien correspondant du quotidien El Universal, Gustavo Azócar Alcalá a été condamné à deux ans et demi de prison, le 26 mars 2010, pour “corruption administrative”. Incarcéré depuis le 9 juillet 2009, il a néanmoins bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle à la date du jugement, dont nous prenons acte. Le journaliste avait été relaxé des charges de “détournement de fonds publics” et “escroquerie” pour lesquels il était également poursuivis. Suite à une plainte déposée par Ronald Blanco La Cruz, gouverneur de l’Etat de Táchira, une enquête avait été ouverte en 2000 contre Gustavo Azócar, qui n’aurait pas diffusé dans son programme radiophonique de l’époque les espaces publicitaires contractés par la loterie du Táchira. Le journaliste est connu pour ses prises de position critiques à l’égard du gouvernement du président Hugo Chávez mais aussi pour ses révélations compromettantes impliquant notamment Blanco La Cruz. Le journaliste avait affirmé lors de son arrestation qu’il était détenu sur ordre de celui-ci en raison de ses activités professionnelles. Les failles contenues dans ce dossier permettaient de soutenir cette hypothèse. Gustavo Azócar Alcalá devra désormais se présenter chaque semaine devant le juge. Il lui est interdit de changer d’adresse, de sortir du territoire de Táchira et de briguer un mandat jusqu’en 2012, date de la prochaine élection présidentielle. _________ 8.10.2009 - Un journaliste maintenu en détention préventive, malgré l'annulation d'une procédure douteuse à son encontre Après vingt-huit audiences, la justice de l’État de Táchira (Ouest) a annulé, le 5 octobre 2009, la procédure engagée contre Gustavo Azócar, tout en ordonnant son maintien en détention préventive. Le journaliste a été arrêté, le 29 juillet 2009, pour avoir mentionné sur sa page Internet, www.gustavoazocar.com, une procédure le concernant pour “corruption” et “escroquerie”. Gustavo Azócar est, à ce jour, le seul journaliste détenu au Venezuela. “Les poursuites engagées contre Gustavo Azócar ne sont pas officiellement liées à sa profession, mais ce dossier présente des failles suspectes. La procédure pour ‘escroquerie’ dont il a fait l’objet n’a jamais abouti. Et pourtant il est toujours détenu. Brièvement incarcéré en 2006, Gustavo Azócar n’a jamais cherché à fuir depuis. Enfin, une détention préventive devient inapplicable si une procédure est totalement annulée, ce qui vient d’avoir lieu. Nous redoutons qu’il ne s’agisse d’un acharnement contre un journaliste connu pour son ton critique envers le gouvernement. Gustavo Azócar doit être remis en liberté”, a déclaré Reporters sans frontières. Comme l’épouse du journaliste, Mary de Azócar, l’a confirmé à Reporters sans frontières, le juge José Oliveros Gómez a annulé de fait, le 5 octobre, la procédure dont faisait l’objet Gustavo Azócar. Le magistrat a ordonné que le dossier soit repris à zéro, tout en maintenant le régime de détention préventive à l’encontre du journaliste. Ancien présentateur de la chaîne régionale privée Televisora del Táchira et de la station Radio Notícias 1060, également ancien correspondant du quotidien El Universal, Gustavo Azócar a été poursuivi pour “corruption” et “escroquerie” pour n’avoir pas retransmis des annonces publicitaires officielles dans le cadre de son programme de radio, en 2000. Le journaliste, déjà détenu en 2006, a été réincarcéré en juillet dernier pour avoir dérogé à l’interdiction qui lui était faite de parler de l’affaire. Ce qu’il a toujours nié. Curieusement, la fonctionnaire de l’État de Táchira à l’origine de la plainte pour “corruption”, Ana Casanova, a allégué par deux fois de problèmes de santé pour ne pas se présenter aux audiences. En septembre, après le constat d’importants vices de forme, la magistrate Fanny Jazmina Becerra a été dessaisie du dossier. Très critique envers le gouvernement, Gustavo Azócar avait été agressé en direct par la députée chaviste Iris Varela alors qu’il présentait son programme “Café con Azócar”, le 20 novembre 2007 (cf. vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=So2xtMJPmUI&feature=related).