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22 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

L'unique journal satirique suspend sa parution


RSF proteste contre les conditions de distribution imposées au journal satirique Addomari par les autorités syriennes.
Dans une lettre adressée au ministre de l'Information, Adnan Omrane, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre les conditions de distribution imposées au journal satirique Addomari dont le propriétaire, Ali Farzat, a en conséquence décidé de suspendre la parution. "Les autorités cherchent aujourd'hui à fermer par tous les moyens l'unique journal satirique privé du pays", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation. "Ce journal doit pouvoir assurer sa propre distribution, sans passer par la compagnie étatique. La loi syrienne ne stipule-t-elle pas que les journaux privés ne sont pas obligés de passer par cette compagnie étatique ?", a-t-il ajouté. Selon les informations recueillies par RSF, l'hebdomadaire satirique Addomari a suspendu sa parution le 21 janvier en raison des conditions de distribution que veulent lui imposer les autorités. Ces dernières ont décidé d'imposer au journal une distribution via la compagnie étatique alors que le journal assurait jusqu'à présent sa propre distribution aux abonnés et aux librairies. La compagnie étatique a déclaré vouloir percevoir 40% sur les recettes de la vente et vouloir distribuer un nombre d'exemplaires inférieur au tirage habituel. Le journal n'étant pas subventionné, Ali Farzat, propriétaire de l'hebdomadaire, craint que ce nouveau mode de distribution n'entraîne de lourdes pertes. Il a donc décidé, le 21 janvier, de ne pas distribuer le dernier numéro du journal, qui paraît habituellement tous les lundis. Il a fait appel auprès du ministère de l'Information, faisant valoir que la loi sur les publications n'impose pas aux journaux privés d'être distribués via la compagnie étatique. Créé en février 2001, Addomari est connu pour ses articles critiques à l'égard du pouvoir. Déjà, le 19 juin 2001 les autorités avaient obligé le journal à supprimer deux pages dans lesquelles il critiquait le gouvernement. En février 2001, le journal tirait à 60 000 exemplaires.