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28 mai 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Lourd verdict: six ans de prison pour Khayroullo Khamidov


Reporters sans frontières dénonce la condamnation à 6 ans de prison du commentateur sportif, mais aussi animateur radio et poète, Khayroullo Khamidov. Le tribunal de Tachkent (capitale) a rendu son verdict le 27 mai 2010, après que le procès à huis clos s’est terminé le 11 mai. Par trois fois l’annonce de la condamnation a été repoussée, sans raison connue.

Arrêté le 21 janvier dernier, Khayroullo Khamidov était accusé d’appartenir à un groupe religieux et inculpé en vertu de l’article 216 du code pénal ouzbek. Cet article condamne “l’organisation ou la participation active à un mouvement social ou religieux interdit”.

Pour l’organisation de défense des journalistes, cette accusation est fantaisiste, un véritable prétexte pour le pouvoir, qui, par ce biais, atteint de nombreux journalistes ou opposants politiques et les contraint au silence.

Reporters sans frontières tient à rappeler que le régime ouzbek est implacable à l’encontre des opposants. Actuellement, au moins 11 journalistes sont en prison, où la torture est, selon de nombreux rapports, quasi systématique. Avec ce triste record, l’Ouzbékistan apparaît comme la plus grande prison pour les journalistes en Europe.

Khayroullo Khamidov est connu pour diverses émissions radio et pour ses références religieuses. Cependant, aucune de ses activités ne peut être considérée comme interdite, n’appelant pas à la violence. Reporters sans frontières dénonce une manoeuvre destinée à l’empêcher de travailler comme il l’entend, dans un Etat paranoïaque.

La police était intervenue très tôt le matin du jeudi 21 janvier afin d’arrêter le journaliste. En fouillant son domicile, les forces de l’ordre avaient saisi ses livres et ses disques, ainsi que son ordinateur. Dans son émission "Kholislik sari" ("La voie de l’impartialité"), diffusée sur la radio semi-privée Navruz et très suivie à travers le pays comme par les minorités ouzbèkes des pays voisins, le journaliste prêtait l’oreille à des auditeurs en détresse et tentait de les conseiller en se fondant sur les valeurs islamiques traditionnelles. Khayroullo Khamidov traitait par ce biais des réalités largement occultées par l’information officielle : problèmes de santé publique, corruption, prostitution, crise sociale et morale…

Ses avocats prévoient de faire appel pour voir la peine réduite.18 autres personnes étaient accusées lors du même procès, cinq d’entre elles ont également été condamnées à 5 ou 6 ans de prison ; les 13 autres ont été libérées.