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15 septembre 2017

Loup Bureau bientôt libre : la fin d’une prise d’otage d’Etat

Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement soulagée par l’annonce de la libération imminente de Loup Bureau, ce 15 septembre 2017, après 51 jours de détention en Turquie. Le jeune journaliste français devrait être prochainement expulsé vers son pays.

"La libération de Loup Bureau intervient après plus de 50 jours de déni de justice et de détention arbitraire, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Ce jeune reporter français a été transformé en otage d’Etat, instrumentalisé par les autorités turques pour intimider les journalistes qui voudraient couvrir l’actualité du pays. Nous restons pleinement mobilisés pour obtenir la libération de tous les journalistes encore emprisonnés en Turquie pour n’avoir fait que leur travail."


Arrêté le 26 juillet, Loup Bureau avait été placé en détention provisoire le 1er août à Şırnak, dans le sud-est de la Turquie, sous des soupçons “d’appartenance à une organisation terroriste”. Une accusation fondée sur son travail journalistique dans cette région instable, et en particulier un reportage qu’il avait réalisé en 2013 au Kurdistan syrien, auprès des milices kurdes en lutte contre Daech.


La libération du journaliste intervient au lendemain d’une visite officielle en Turquie du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian. RSF avait plaidé la cause du journaliste auprès du ministre la veille de son départ. RSF salue les efforts des diplomates français et le travail des avocats de Loup Bureau.


La Turquie est classée 155e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2017 par RSF. Déjà très préoccupante, la situation est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch de juillet 2016 : près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et plus de 100 journalistes sont emprisonnés, un triste record mondial. Les correspondants et reporters étrangers ne sont plus épargnés : plusieurs dizaines d’entre eux ont été expulsés depuis deux ans et quelques-uns sont encore emprisonnés, comme le journaliste germano-turc Deniz Yücel.