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31 janvier 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Libération sous caution de deux journalistes après 44 jours de détention


Deux journalistes de la chaîne de télévision privée New TV, Firas Hatoum et Abdel-Azim Khayat, et leur chauffeur Mohammed Barbar ont été libérés sous caution le 31 janvier 2007, après un mois et demi d'incarcération à la prison de Roumié (au nord-est de Beyrouth). Selon les informations recueillies par l'Agence France-Presse, le montant de la caution s'élevait à 500 000 livres libanaises chacun (soit 255 euros). Ils sont toujours accusés de “vol” pour s'être introduits dans l'appartement d'un témoin à charge dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et avoir déplacé des pièces “importantes pour les investigations”. Les trois hommes encourent de 3 à 8 ans de prison. ----------------------------------------------------------- 19.01.2007 Deux journalistes de New TV accusés de "vol" détenus depuis un mois Dans un courrier adressé à Ghazi Aridi, ministre libanais de l'Information, le 12 janvier 2007, Reporters sans frontières a demandé qu'il mette tout en oeuvre pour faire libérer Firas Hatoum, Abdel-Azim Khayat, journalistes de la chaîne privée New TV, et leur chauffeur Mohammed Barbar, incarcérés depuis le 19 décembre 2006. “Cela fait déjà un mois que les journalistes de New TV sont en prison. Nous resterons mobilisés jusqu'à ce qu'ils soient relâchés. Nous appelons les autorités à cesser de considérer cette affaire sous l'angle du droit pénal. Ces trois hommes ne sont pas des voleurs, mais des journalistes ayant agi dans le cadre de leur profession. S'ils doivent être poursuivis, ce devrait par conséquent être en vertu du code de la presse”, a déclaré l'organisation. Le 17 janvier 2006, le personnel de la chaîne satellitaire New TV a organisé un rassemblement devant le ministère de l'Information, auquel se sont joints d'autres journalistes et cameramen libanais, pour réclamer la libération de leurs confrères. Ghazi Aridi a refusé de venir à leur rencontre et a déclaré, dans un communiqué, qu'il n'avait pas la possibilité d'intervenir car cette affaire ne relevait pas de la liberté de la presse. Il a ajouté qu'elle portait préjudice à l'enquête internationale sur la mort de Rafic Hariri. Contactée par Reporters sans frontières, Mariam Bassam, directrice de l'information de New TV, a affirmé que les autorités n'avaient aucun droit de garder Firas Hatoum, Abdel-Azim Khayat et Mohammed Barbar enfermés, alors qu'ils n'avaient fait qu'exercer leur métier de journaliste. Elle s'est étonné du comportement rigide du ministère de la Justice, avec lequel la chaîne entretenait pourtant de bonnes relations. Ce dernier ne peut ignorer, selon elle, que les intentions des journalistes n'étaient pas mauvaises. Rappel des faits Firas Hatoum, Abdel-Azim Khayat et Mohammed Barbar ont été arrêtés le 19 décembre 2006 pour s'être introduits dans l'appartement de Mohammed Zoukeir Siddik, témoin à charge dans l'assassinat de Rafic Hariri. Les journalistes avaient préalablement obtenu la permission de ce dernier pour se rendre sur les lieux, dont l'accès n'était interdit par aucun signe visible. Accusés de vol et jugés en vertu du code pénal et non du code de la presse, Firas Hatoum, Abdel-Azim Khayat et Mohammed Barbar risquent d'être condamnés à une peine allant de 3 à 8 ans de prison.