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10 avril 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Libération du journaliste Calixto Ramón Martínez Arias après sept mois de détention


Reporters sans frontières salue la libération, le 9 avril 2013, de Calixto Ramón Martínez Arias, journaliste indépendant et correspondant du centre d’information Hablemos Press. Depuis plusieurs semaines, les autorités faisaient face à une pression croissante de la part de la société civile cubaine et des organisations internationales mobilisées en sa faveur. Le journaliste, détenu depuis le 16 septembre 2012, s’est aussitôt rendu au siège d’Hablemos Press, où, la veille, ses collègues Roberto de Jesús Guerra Pérez, Denis Noa Machines et Gerardo Younel Ávila Perdomo – rejoints par David Águila Montero le lendemain – avaient initié une grève de la faim afin d’exiger sa libération. D’autres journalistes, comme Daniel Millet Jiménez, Fernando Vázquez Guerra et Misael Canet Velázquez, dans la province de Camagüey, ou encore David Águila Montero et Luis Manuel Fumero, avaient tenu à exprimer leur solidarité en entamant à leur tour une grève de la faim. Calixto Ramón Martínez Arias avait cessé à plusieurs reprises de s’alimenter, une première fois du 10 novembre au 13 décembre 2012. Il avait entamé une nouvelle grève de la faim le 6 mars 2013, avant d’y mettre un terme le 29 mars, suite à la promesse des autorités de le libérer. Toujours derrière les barreaux dix jours plus tard, le journaliste avait repris son jeûne le 8 avril, immédiatement suivi par ses collègues d’Hablemos Press. Calixto Ramón Martínez Arias avait été envoyé en prison après avoir diffusé des informations sur une épidémie de dengue et de choléra, confirmées quelques jours plus tard par le gouvernement lui-même. Il risquait jusqu’à trois ans de prison, pour "outrage au chef de l’Etat". Il n’avait toutefois jamais reçu d’accusation formelle et aucun procès n’avait été ouvert contre lui. Si Reporters sans frontières se félicite de cette libération, celle-ci ne doit pas faire oublier la répression que continuent de subir les journalistes et blogueurs indépendants ni le sort des autres détenus : Luis Antonio Torres, rédacteur du quotidien d’État Granma, en prison depuis le 1er mai 2011, et Ángel Santiesteban-Prats, écrivain et auteur du blog "Los hijos que nadie quiso", derrière les barreaux depuis le 28 février dernier.