Libération du blogueur Dia'Eddin Gad après sept semaines de détention

Reporters sans frontières salue la libération du cyberdissident Dia'Eddin Gad, auteur du blog http://soutgadeb.blogspost.com, le 27 mars 2009. Détenu à la prison de Katta (nord-ouest du Caire), il avait été arrêté le 6 février en raison de la publication d'articles sur son blog. Lire son témoignage sur ses conditions de détention
الإفراج عن المدوّن ضياء الدين جاد بعد سبعة أسابيع من الاحتجاز

الإفراج عن المدوّن ضياء الدين جاد بعد سبعة أسابيع من الاحتجاز Reporters sans frontières salue la libération du cyberdissident Dia'Eddin Gad, auteur du blog http://soutgadeb.blogspost.com, le 27 mars 2009. Détenu à la prison de Katta (nord-ouest du Caire), il avait été arrêté le 6 février en raison de la publication d'articles sur son blog. “En Egypte, la liberté d'expression est en voie de disparition. Dia'Eddin Gad est un simple étudiant qui a publié ses opinions sur divers sujets sur Internet. Son arrestation est illégale et nous condamnons les conditions de détention auxquelles il a été soumis. Nous demandons le motif exact de son enlèvement par les forces de sécurité”, a déclaré l'organisation. Dia'Eddin Gad, citoyen égyptien de 22 ans, a été arrêté chez lui dans la province de Gharbiyah (delta du Nil). Des policiers l'ont conduit en voiture vers une destination inconnue. Il a fallu que les avocats du réseau arabe de défense des droits de l'homme portent plainte à l'encontre du procureur général, Abdel Majid Mahmoud, pour obtenir des informations sur le lieu de sa détention. Selon la justice, Dia'Eddin Gad aurait été arrêté en vertu de la loi sur l'état d'urgence. Lors des interrogatoires auxquels il a été soumis, des officiers de la prison lui ont reproché d'avoir insulté le président Hosni Moubarak. Durant sa détention, Dia'Eddin Gad a été isolé en cellule de confinement et privé de lumière. Les autorités lui ont demandé, ainsi qu'à sa famille, d'adhérer au Parti national démocratique (PND), au pouvoir depuis 1981, afin d'être libéré. Dans une note qu'il a fait parvenir au réseau arabe de défense des droits de l'homme, Dia'Eddin Gad témoigne : “Lors de l'interrogatoire, un officier m'a menacé en disant : ‘Tout ce dont tu as besoin, c'est d'une pelle, d'un trou et d'un soldat pour t'enterrer. Mais maintenant je me contente de te déshabiller, de te soumettre aux chocs électriques et de t'enfermer dans la chambre de glace.' Je ne lui ai rien répondu. Résultat : des officiers m'ont privé de sommeil en m'obligeant à me tenir debout durant deux jours. Quand j'ai persisté dans le silence, ils m'ont battu (...). Ils ont précisé qu'ils étaient des officiers de la sécurité d'Etat et qu'ils n'avaient que faire de la justice et du ministère public.” En janvier 2009, Dia'Eddin Gad avait ouvert son blog, "Une voix en colère" (http://soutgadeb.blogspot.com), sur lequel il publiait des articles critiquant l'attitude du gouvernement égyptien dans le conflit israëlo-palestinien, et où il se présentait comme "un citoyen égyptien, (qui) aime (s)on pays, (lui) souhaite longue vie ainsi qu'à son peuple valeureux". Par ailleurs, Reporters sans frontières déplore que le verdict dans l'affaire de diffamation qui oppose le blogueur Tamer Mabrouk à l'entreprise égyptienne Trust Chemicals Company ait été repoussé pour la troisième fois. Le 20 janvier 2009, l'entreprise avait déposé une plainte pour “diffamation” contre le blogueur en raison d'un article publié en juin 2008, dans lequel il dénonçait le fait que Trust Chemicals Company déverse des produits “hasardeux” dans le lac Manzalah et le canal de Suez, dont les effets sont inconnus sur les hommes comme sur les animaux. La prochaine audience est prévue le 28 avril 2009.
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Updated on 20.01.2016