Actualités

15 juin 2004 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Libération des journalistes prokurdes arrêtés avant le Sommet de l'OTAN ; deux mises en examen


Vingt-cinq personnes travaillant pour des médias prokurdes ont été placées en garde à vue par la police antiterroriste dans le cadre des mesures de sécurité adoptées pour le Sommet de l'Otan des 28 et 29 juin.
La majorité des 25 journalistes et collaborateurs de médias prokurdes a été relâchée entre le 8 et le 12 juin 2004. Seuls Ugur Balik, membre du conseil d'administration de l'agence de presse prokurde Dicle et Baris Gullu, propriétaire du mensuel prokurde Ozgur Halk, ont été incarcérés le 12 juin. Ils sont accusés d'être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rebaptisé Kongra-Gel. ---- 09/06/04 Vingt-cinq personnes ont été placées en garde à vue par la police antiterroriste à l'issue de perquisitions dans les locaux d'une agence de presse et de deux revues prokurdes à Istanbul, le 8 juin 2004. Reporters sans frontières a condamné avec la plus grande fermeté cette opération policière. "La lutte légitime et nécessaire contre le terrorisme ne saurait en aucun cas justifier de telles violations de la liberté de la presse", a déclaré l'organisation dans un courrier adressé au Premier ministre, Recep Erdogan. "Nous sommes scandalisés par les méthodes employées par la justice contre ces journalistes, traités comme de véritables criminels. Nous vous demandons de bien vouloir nous expliquer en quoi les articles, les livres et les disquettes saisis au cours de ces perquisitions constituent un 'matériel interdit' ", a ajouté Reporters sans frontières. L'organisation, qui a demandé la libération immédiate des journalistes et la restitution de leur matériel, a rappelé que la Cour européenne des droits de l'homme considère que les perquisitions aux domiciles et dans les locaux professionnels des journalistes sont contraires à l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme si elles ne correspondent pas à un "besoin social impérieux". Sur ordre de la Cour de sûreté d'Etat d'Istanbul, la police a perquisitionné les locaux de l'agence de presse prokurde Dicle avant d'interpeller seize journalistes et employés. Selon les avocats de Dicle, la police soupçonne les journalistes de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), rebaptisé Kongra-Gel, et recherchait du "matériel interdit" dans le cadre de la préparation du Sommet de l'Otan, qui se tiendra à Istanbul les 28 et 29 juin. Trois journalistes du quotidien prokurde Ülkede Özgür Gündem, Hüsniye Tekin, Deniz Boyraz et Baki Gül, venus couvrir l'opération de police à l'agence Dicle, ont à leur tour été placés en garde à vue. La police antiterroriste a également perquisitionné les locaux des mensuels prokurdes Özgür Halk et Genc Bakis et interpellé six employés. Au cours des différentes perquisitions, la police a saisi de nombreux documents appartenant aux journalistes, ainsi que des livres et des disquettes. Seule Hatice Özbaris, de l'agence Dicle, a été relâchée par la police en fin d'après-midi, le 8 juin. Les autres personnes interpellées sont toujours détenues.