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9 mai 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Les chaines de télévision prises en étau par les manifestants


Reporters sans frontières s’inquiète des pressions subies par les principales chaînes de télévision prises pour cible par des manifestants survenues le 8 et le 9 mai 2014. Alors que la première ministre Yingluck Shinawatra a été destituée par la cour constitutionnelle le 7 mai pour “abus de pouvoir”, l’opposition a lancé la “bataille finale” contre le gouvernement, appelant les manifestants à marcher vers le siège du gouvernement et les chaînes de télévision. Les locaux de cinq d’entre elles (Channel 3, 5, 7, 9, 11) sont ainsi encerclés par les manifestants qui leur ont demandé de cesser de diffuser les annonces du gouvernement et de coopérer en relayant celles du People's Democratic Reform Committee (PDRC). Channel 3, 5 et 7 ont accepté ces demandes tandis que Channel 11 continue de diffuser les annonces du gouvernement. Des occupations de locaux par les manifestants ont été rapportées. “Il est inacceptable que les chaines de télévision soient prises à partie par les opposants lors de ces manifestations”, déclare Lucie Morillon, directrice de la recherche de Reporters sans frontières. “Les médias doivent pouvoir continuer d’effectuer leur travail d’information sans être obligés de choisir un camp ni de subir des pressions, encore moins des occupations. Nous appelons l’opposition à retirer immédiatement leur requête envers les chaînes de télévision et à cesser leur encerclement”, ajoute-t-elle. La Thaïlande est enlisée depuis six mois dans une crise politique, dans laquelle les manifestants pro et anti-gouvernement s’affrontent en défilant successivement et prennent à partie les médias. Des journalistes avaient été blessés alors qu’ils couvraient des affrontements entre manifestants à la veille des élections législatives. Le 7 mai, le photojournaliste allemand Nick Nostitz, déjà attaqué en novembre 2013, a été pris à parti par des chemises jaunes (opposition) devant le tribunal constitutionnel thaïlandais. La Thailande occupe la 130e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.