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7 avril 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le travail des journalistes birmans menacé par une mesure touchant à leur statut de réfugiés


Le gouvernement thaïlandais a décidé, le 9 mars 2005, d'imposer à tous les réfugiés birmans de s'installer avant le 31 mars dans des camps situés le long de la frontière birmane. Il menace, en outre, d'expulser vers la Birmanie tous ceux qui ne se plieraient pas à cette directive. Reporters sans frontières et la Burma Media Association s'inquiètent des répercussions catastrophiques de cet ordre sur les conditions de travail des journalistes birmans réfugiés en Thaïlande. Les deux organisations demandent au HCR d'intervenir urgemment auprès des autorités thaïlandaises pour garantir la liberté de mouvement des professionnels de l'information. Bien que la Thaïlande n'ait pas signé la Convention relative au statut des réfugiés, Reporters sans frontières et la Burma Media Association estiment que le gouvernement thaïlandais se doit de respecter certains principes du droit international visant à protéger les personnes en danger. Dans ces camps, les réfugiés sont coupés du reste du monde. L'accès au téléphone, à la radio et aux ordinateurs leur étant strictement interdit, les journalistes se retrouvent alors dans l'impossibilité totale de travailler. Certains d'entre eux ont ainsi décidé d'entrer dans la clandestinité afin de pouvoir continuer à exercer leur métier. Ces conditions éprouvantes ont été confirmées à Reporters sans frontières par des correspondants birmans de radios internationales. La peur et le sentiment d'insécurité sont le lot quotidien de ces journalistes clandestins. Ils risquent à tout moment d'être arrêtés et renvoyés à Rangoon où il est certain que la prison et la torture les attendent.