Actualités

25 juillet 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le sultanat distribue des années de prison aux net-citoyens


Lire en arabe (بالعربية) Reporters sans frontières dénonce vivement la condamnation à une peine d’un an d’emprisonnement de six net-citoyens, par le tribunal de première instance de Mascate, le 16 juillet 2012. « Nous sommes choqués par le nombre de condamnations prononcées à l’encontre de ces net-citoyens et militants des droits de l’homme, dont le seul tort est d’exercer leur droit à la libre expression. Leur nom s’ajoute à la liste, déjà longue, de ceux qui ont été condamnés, ou sont actuellement dans l’attente de leurs procès. La communauté internationale doit faire pression sur le Sultanat, afin que cesse la politique d’étouffement des voix dissidentes menée en toute impunité par les autorités. Nous exigeons que les autorités reviennent sur ces condamnations, et lèvent les charges pesant sur les net-citoyens », a déclaré l’organisation. L’agence de presse officielle omanaise a rapporté que Mohammed Al-Badi, Mohammed Al-Habsi, Abdullah Al-Siyani, Talib Al-Abry, Abdullah Al-Araimi et Mona Hardan ont été condamnés pour avoir tenu des propos prétendument “diffamatoires” sur Facebook et Twitter contre le Sultan d’Oman, Qaboos bin Saeed Al-Saeed. Six mois de prison supplémentaires ont été requis contre Talib Al-Abry et Mohammed Al-Badi pour violation de la loi sur la cybercriminalité. Tous avaient été arrêtés le 11 juin et libérés le 25 juin, en échange du versement d’une caution de 1 000 rials (environ 2 130 euros). Leur jugement en appel est prévu le 10 septembre prochain. Les deux activistes Mohammed Al-Habsi et Abdullah Al-Araimi avaient déjà participé aux protestations de 2011, réclamant davantage de liberté et de démocratie dans les institutions du sultanat. Egalement photographe, Mohammed Al-Habsi avait été détenu, par la suite, en mai 2011. L’acharnement des autorités omanaises à l’encontre des net-citoyens et des journalistes locaux prend des propensions alarmantes. Onze autres militants des droits de l’homme, également arrêtés le 11 juin pour “rassemblement illégal“ et “trouble à l’ordre public“, sont en attente de leur jugement. Parmi eux, le journaliste du quotidien Al-Zaman, Mukhtar Mohamed Al-Hanaei et plusieurs net-citoyens, dont Mahmoud Hamad Al-Rawahy, déjà condamné avec trois autres militants, le 9 juillet, pour crime de lèse-majesté et cybercriminalité. Si certains ont été libérés le 25 juin, cinq des onze net-citoyens demeurent en détention. Leur procès devrait se tenir le 29 juillet prochain.