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4 novembre 2005 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le scandale du football à Gênes menace la sécurité des journalistes


Depuis le mois de juin 2005, date de la révélation de faits de corruption au sein de l'équipe de football de Gênes, six cas de menaces à l'encontre de journalistes ont été recensés. Les locaux d'un journal ont été assiégés par des « tifosi » (supporters) et son directeur est poursuivi en justice. « Il est aberrant de constater les proportions que prend cette affaire de corruption. Les journalistes ont fait leur travail en rendant publiques des pratiques illégales dans le milieu du sport. Nous demandons au gouvernement italien de protéger les journalistes menacés et de s'assurer que la liberté de la presse ne pâtira pas de cette affaire», a déclaré Reporters sans frontières. Le 28 octobre, un journaliste du quotidien national Repubblica a été victime de menaces de mort formulées lors d'appels téléphoniques à son bureau et à son domicile. Ce journaliste, qui désire conserver l'anonymat pour des raisons de sécurité, avait auparavant publié les résultats de l'enquête sur les scandales de corruption qui frappent l'équipe de football de Gênes depuis l'été dernier. Il soulignait notamment les attitudes violentes et provocatrices des « tifosi », mais dénonçait également une certaine clémence de la part des dirigeants du football italien face à cette dérive financière. Le 27 octobre, Lanfranco Vaccari, directeur de Il Secolo XIX et l'un des journalistes du quotidien, Marco Menduni, ont été poursuivis en justice pour avoir révélé l'ouverture d'une enquête sur des matchs présumés truqués du championnat d'Italie, la saison dernière, et avoir divulgué des informations confidentielles de l'enquête. En juillet, Lanfranco Vaccari avait déjà dû être escorté par la police durant deux mois, après avoir été menacé à plusieurs reprises. Le journaliste avait simplement exprimé son opinion sur l'affaire. Le 29 juillet, la rédaction du Il Secolo XIX avait été assiégée par plusieurs centaines de « tifosi », lançant pierres et bouteilles contre le bâtiment du quotidien et menaçant les forces de police qui tentaient de protéger les locaux. Suite à cet incident, le siège du journal avait dû être protégé par des policiers et des gendarmes pendant une semaine. Les locaux de la rédaction locale de Repubblica avaient connu le même sort. Cette fois, des fusées détonantes avaient été lancées. Les pressions à l'encontre des journalistes ont débuté mi-juin, à la suite de la publication dans le quotidien Repubblica d'une série d'articles sur des faits de corruption au sein de l'équipe de football de Gênes et sur des matchs de football truqués qui avaient donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire.