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13 août 2003 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le mensuel Lyon Mag condamné en appel à une amende exorbitante


La cour d'appel de Lyon a condamné, le 13 août 2003, le mensuel Lyon Mag à verser 100 000 euros de dommages et intérêts aux 56 syndicats viticoles du Beaujolais, qui avaient porté plainte pour "dénigrement de produit" suite à un article mettant en cause la qualité du beaujolais. La cour a également condamné Lyon Mag à s'acquitter de 20 000 euros de frais de publication et de 3 000 euros de frais de justice. Le mensuel entend faire appel de cette décision en cassation et, en dernier recours, auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. "La somme réclamée étant totalement disproportionnée par rapport au préjudice subi, cette décision représente à nos yeux une atteinte à la liberté de la presse", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, dans un courrier adressé au ministre de la Justice, Dominique Perben. Le 10 janvier 2003, le tribunal de grande instance de Villefranche-sur-Saône (Rhône) avait condamné le mensuel à 284 143 euros de dommages et intérêts, ce qui représentait un véritable danger pour la santé économique du journal, dont le chiffre d'affaires est de 1,9 millions d'euros. Le montant total des dommages et intérêts fixé initialement par le tribunal correspondait au dédommagement pour chaque syndicat viticole d'un euro par hectolitre de beaujolais et de beaujolais-villages produit annuellement par leurs adhérents. L'article incriminé avait été publié dans le numéro 116 de juillet-août 2002, sous le titre "Un grand expert accuse : le beaujolais, ce n'est pas du vin". François Mauss, président du Grand jury européen, une association de professionnels de la dégustation, interviewé par Jean Barbier, journaliste de Lyon Mag, critiquait la méthode de production du beaujolais. Dans les trois pages de l'enquête consacrée au beaujolais, il déclarait notamment : ce "n'est pas du vin", puis, c'est "un vin de merde". Le mensuel avait également publié une interview plus modérée de Maurice Large, président de l'Union interprofessionnelle des vins du Beaujolais, intitulée "La qualité du beaujolais n'est pas en cause". Dans son jugement, le tribunal avait estimé que "en dénaturant ainsi le vin dit beaujolais, jusqu'à la scatologie, et en l'assimilant, finalement, à un excrément, François Mauss et le journaliste qui l'interviewait avaient dépassé l'exercice admissible de leurs fonctions sociales respectives de critique - même sévère - et d'information, en abusant gravement de la liberté d'expression et d'impression qui leur est reconnue".