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27 septembre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste Nguyen Vu Binh de nouveau emprisonné


Reporters Sans Frontières, lance un appel solennel au ministre vietnamien de la Sécurité publique, le lieutenant général Le Minh Huong, pour la libération de Nguyen Vu Binh, arrêté le 25 septembre pour la seconde fois en trois mois. "Nous prions les autorités de faire preuve de clémence à l'égard de Nguyen Vu Binh, et de lever toute incertitude quant aux conditions de sa détention", a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Robert Ménard, ajoutant que "les pressions de toutes sortes exercées à l'égard des internautes exprimant pacifiquement leurs opinions ne peuvent être cautionnées d'aucune manière". Dans la soirée du 25 septembre, la police a pénétré dans la maison de Nguyen Vu Binh afin de procéder à une fouille et à la saisie de ses effets personnels. Le journaliste a été mis en état d'arrestation, et très probablement incarcéré à la prison B 14, dans le district de Thanh Tri, à environ dix kilomètres de Hanoï. Collaborateur au Tap Chi Cong San (Magazine du journal communiste), Nguyen Vu Binh avait été renvoyé en janvier 2001 pour avoir essayé de fonder un parti indépendant. Il a écrit depuis des articles critiques sur la politique du gouvernement vietnamien. Nguyen Vu Binh a déjà été brièvement interpellé le 19 juillet, pour avoir envoyé un témoignage écrit aux participants d'un congrès américain sur les droits de l'homme à Washington DC. Relâché le jour suivant, il est néanmoins resté, jusqu'à ce jour, en résidence surveillée, sous le contrôle étroit de la police, devant laquelle il était appelé à se présenter quotidiennement. En août, il a rejoint un groupe de vingt autres écrivains et dissidents pour signer une pétition adressée au gouvernement vietnamien, demandant des réformes juridiques et l'instauration d'un corps de lutte anticorruption indépendant. Les autorités ne se sont pas prononcées officiellement sur les raisons de l'arrestation de Nguyen Vu Binh. Elle pourrait être en relation avec la diffusion en ligne, le mois dernier, d'un de ses essais critique intitulé "Réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens". Sujet sensible, ce traité frontalier signé en décembre 1999 a déjà été souvent critiqué par les dissidents vietnamiens. A cet égard, Reporters Sans Frontières rappelle que depuis le 21 février, Le Chi Quang, professeur d'informatique et diplômé de la faculté de droit, est également détenu à Hanoï pour avoir critiqué ce même traité sur Internet. Le Viêt-Nam compte désormais trois cyber-dissidents incarcérés. Reporters Sans Fontières tient en effet à mentionner que le docteur Pham Hong Son, dont la date de libération reste encore inconnue, a été arrêté pour avoir traduit et diffusé sur Internet un article intitulé "Ce qu'est la démocratie", extrait des pages du site de l'ambassade des Etats-Unis au Viêt-nam. Quant à Tran Khue, il serait toujours placé en résidence surveillée.