Actualités

29 mars 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste indépendant Truong Minh Duc condamné à cinq ans de prison ferme


Reporters sans frontières dénonce le verdict du tribunal de Vinh Thuan (province de Kien Giang, Sud) condamnant, le 28 mars 2008, le journaliste indépendant Truong Minh Duc à cinq ans de prison ferme. Il a été reconnu coupable d' « avoir profité des droits démocratiques dans le but d'agir contre les intérêts de l'Etat » et d'« avoir reçu de l'argent de l'Extérieur pour soutenir les plaintes contre l'Etat », en vertu de l'article 258 du code pénal vietnamien. Il dispose de quinze jours pour faire appel. «La condamnation de Truong Minh Duc, à l'issue d'un procès injuste et expéditif, est l'expression d'une répression acharnée des autorités envers les partisans de la démocratie. Son procès n'a duré que deux heures, et Truong Minh Duc n'a pas été autorisé à bénéficier des services d'un avocat pour assurer sa défense, ni même à se défendre lui-même. Le journaliste est en mauvaise santé suite aux mauvais traitements qu'il subit en prison. Nous demandons aux autorités d'Hanoi de le libérer dans les meilleurs délais», a déclaré l'organisation. Truong Minh Duc a été arrêté le 5 mai 2007. Né en 1960, il est membre du parti Vi Dan ("Pour le Peuple" - VPP) et du mouvement démocratique «Bloc 8406 », interdit dans le pays. Depuis le mois de janvier 2008, il souffre d'une fracture du bras qui n'a pas été correctement soignée. Selon sa famille, son état de santé s'est fortement dégradé. Depuis 1994, il a écrit plusieurs articles dénonçant la corruption et les abus de pouvoir qui ont été publiés dans des journaux au Viêt-nam et à l'étranger, sous différents pseudonymes tels que Hoàng-Hà, Hoàng-Thành, Phương-Nam, Quốc-Thắng, ou Nam-Phương. Il se servait également d'Internet pour faire parvenir des articles sur la situation des droits de l'homme dans son pays à plusieurs sites Internet basés à l'étranger. Au Viêt-nam, la police politique poursuit une lutte implacable contre les voix critiques. Huit autres journalistes et cyberdissidents sont derrière les barreaux dans le pays.