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13 octobre 2016 - Mis à jour le 30 novembre 2016

Le journaliste bahreïni Faisal Hayyat détenu pour un tweet sur la religion

Compte Twitter de Faisal Hayyat
Reporters sans frontières (RSF) dénonce la condamnation du journaliste bahreïni Faisal Hayyat à la suite d’un tweet jugé insultant envers la religion. Il avait été mis en détention provisoire le 9 octobre dernier.

Le journaliste bahreïni Faisal Hayyat a été condamné le 29 novembre à trois mois de prison par un tribunal de première instance pour un tweet jugé insultant envers la religion (un symbole et un groupe religieux). On ignore pour l’instant s’il fera appel du jugement. Le journaliste, qui gère une chaîne satirique sur YouTube, avait été arrêté le 9 octobre dernier à la suite d’une convocation par le service des enquêtes criminelles (CID). Quelques jours avant son arrestation, Faisal Hayyat avait publié une lettre sur les réseaux sociaux adressée aux autorités revenant sur les conditions de sa détention en 2011 et dénonçant entre autres la corruption et les violations à la liberté d’expression.


La veille du verdict attendu, 45 organisations, dont Reporters sans frontières, ont exhorté le roi du Bahreïn à relâcher le journaliste et d’autres défenseurs des droits de l’homme tels que Nabeel Rajab, incarcérés pour avoir critiqué les autorités bahreinies dans leurs publications, notamment sur les réseaux sociaux.



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Le journaliste et blogueur Faisal Hayyat, présentateur d’une émission satirique sur sa chaîne YouTube (Sha7wal), qui possède une dizaine de milliers d’abonnés, a été convoqué par le service des enquêtes criminelles (CID) le 9 octobre à la suite d’un tweet jugé insultant envers la religion. A l’issue de cet interrogatoire, il a été mis en détention provisoire pour une semaine. Par ailleurs, il avait également publié en ligne, quelques jours avant, une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, après ses propos sur le respect des droits humains dans le royaume.


RSF condamne l’arrestation et la détention arbitraire du journaliste Faisal Hayyat, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. Cette incarcération s’inscrit dans une volonté du régime de réduire au silence les voix critiques. RSF exhorte les autorités bahreinies à le libérer immédiatement et inconditionnellement ainsi que tous les journalistes injustement détenus”.


Ce journaliste, qui traite de manière hebdomadaire de questions politiques, économiques et sociales sur sa chaîne YouTube depuis 2013, risque désormais jusqu’à un an de prison ou une amende, en vertu de l’article 309 du code pénal, qui prévoit des sanctions pour toute personne qui diffame une secte religieuse reconnue ou qui tourne en ridicule ses rituels.


Sa détention pourrait également être une réaction directe à la lettre critique du journaliste publiée en ligne sur Facebook le 1er octobre dernier, en réponse aux propos du ministre de l’Intérieur, lors d’un discours le 29 septembre sur la foi et le respect des droits humains de ses fonctionnaires. Dans cette longue lettre, le journaliste a apostrophé directement le ministre, en dénonçant les mauvais traitements qu’il a lui-même subis en détention pendant près de trois mois en 2011.


En effet, Hayyat avait déjà été détenu en 2011, après sa participation à une marche en faveur des journalistes, demandant une presse libre et le changement du ministre de l’Information de l’époque. Il avait été torturé et humilié pendant sa détention.


Ancien journaliste et commentateur sportif, Hayyat travaillait pour la chaîne qatarie sportive Al-Kass et collaborait avec le quotidien Al-Bilad. Il est également actif sur plusieurs plateformes de médias et réseaux sociaux dont Twitter, YouTube, Snapchat et Facebook.


Le Bahreïn figure à la 162e place du Classement mondial de la liberté de la presse publié en 2016 par RSF.