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17 juin 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le journaliste Al-Shami, en grève de la faim, libéré après 10 mois de prison


Reporters sans frontières est soulagée d'apprendre la libération d'Abdullah Al-Shami. Ce correspondant d’Al-Jazeera, détenu sans charges depuis le 14 août 2013, était en grève de la faim depuis 140 jours.

Le procureur général Hicham Baraket a approuvé, le 16 juin 2014, la libération du correspondant de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazeera, Abdullah Al-Shami, et de douze autres prévenus, en raison de leur état de santé.

Abdullah Al-Shami avait été arrêté le 14 août 2013, alors qu’il couvrait le sit-in organisé sur la place Rabiaa Al-Adawiya par les partisans du président Mohamed Morsi, destitué le 3 juillet. Ce rassemblement avait été violemment réprimé par les forces de l’ordre. Selon Human Rights Watch, 377 personnes avaient été tuées. Détenu sans inculpation formelle, Abdullah Al-Shami a entamé, le 21 janvier, une grève de la faim pour protester contre son incarcération arbitraire. Après 140 jours, il a perdu 40 kg et son état de santé s’est nettement détérioré. Le 13 mai, RSF avait exprimé sa vive inquiétude quant à l’état de santé du journaliste et exhorté les autorités à le relâcher immédiatement et sans conditions afin de recevoir les soins appropriés.

C’est avec soulagement que l’on accueille la libération d’Abdullah Al-Shami, après dix mois de détention”, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction de la recherche à Reporters sans frontières. " Mais de nombreux journalistes sont toujours derrière les barreaux en Égypte, parmi lesquels les trois journalistes d’Al-Jazeera, arrêtés en décembre dernier. Nous demandons, une nouvelle fois, au gouvernement égyptien de mettre fin à la mascarade judiciaire qui entoure leur procès."

L’Egypto-Canadien Mohamed Adel Fahmy, responsable du bureau du Caire d’Al-Jazeera, l’Australien Peter Greste, ancien reporter à la BBC et correspondant d’Al-Jazeera, et Baher Mohamed, employé local de la chaîne sont détenus depuis le 29 décembre 2013. Leur procès s’est ouvert en février dernier. Au total, vingt journalistes sont poursuivis, seize reporters égyptiens sont accusés d'appartenance à une “organisation terroriste” et quatre étrangers - deux Britanniques, un Australien et une Néerlandaise -sont quant à eux, accusés de leur avoir fourni “argent, équipements et informations” afin de “diffuser de fausses nouvelles” faisant croire à une “guerre civile dans le pays”. Huit d'entre eux ont été arrêtés tandis que douze autres sont jugés par contumace. Le 16 juin, le juge a annoncé que le verdict serait rendu le 23 juin prochain. Le procureur général a requis de lourdes peines, entre 15 et 20 ans d’emprisonnement.

Dans une lettre ouverte adressée au président Al-Sissi, Reporters sans frontières avait invité le nouveau raïs égyptien à se poser en garant de la liberté de la presse et de la liberté d’informer, et à libérer l’ensemble des acteurs de l’information actuellement détenus.