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4 octobre 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Le blogueur Sokrate à nouveau condamné en appel


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Le 2 octobre 2012, la cour d’appel de Marrakech a réduit la peine de prison du blogueur Mohamed Sokrate de deux ans à un an et demi, pour “possession et trafic de drogue”. Reporters sans frontières considère cette réduction de peine insatisfaisante et demande que le blogueur soit innocenté et libéré dans les meilleurs délais.

L’avocat du blogueur, Taher Abozaid, a déclaré à Reporters sans frontières que la défense avait demandé à ce que le net-citoyen soit déclaré non-coupable des accusations qui pèsent contre lui. “La défense a l’intention de former un pourvoi en cassation en raison des manquements qui ont entaché le dossier, notamment l’absence de réponse de la cour à la demande formée par la défense d’entendre des témoins”, a-t-il ajouté. Le père de Sokrate a également porté plainte contre ces violations devant le Conseil national des droits de l’Homme.

وقال طاهر ابوزيد محامي المدون محمد سقراط في تصريح لمراسلون بلا حدود "ان المحكمة لم تستجب لمطالب الدفاع بتبرئة موكلهم واقتنعت بظروف تخفيض الحكم " واضاف بوزيد ان هيئة الدفاع تنوي نقض الحكم الاستئنافي نظرا "للخروقات التي شابت الملف منها عدم استجابة المحكمة لطلب الدفاع بالاستماع للشهود , اضافة الى الشكاية التي تقدم بها والد سقراط الى المجلس الوطني لحقوق الانسان "

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15.06.2012 - Nouvelle condamnation d’un blogueur, sous des prétextes fallacieux

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Reporters sans frontières a appris la condamnation, par le tribunal de première instance de Marrakech, du blogueur Mohamed Sokrate, le 14 juin 2012, à deux ans de prison ferme et à 5 000 dirhams (453 euros) d'amende.

Le 29 mai dernier, le blogueur a été arrêté en sortant d’un cybercafé. A 150m de là, son père et son frère ont été arrêtés à leur tour. Accusé de "possession et de trafic de drogue", le procès de Mohamed Sokrate s’est ouvert le 7 juin, devant le tribunal de première instance de Marrakech puis a été reporté au 14 juin à la demande de la défense.

“Nous déplorons vivement ce verdict. Les accusations fallacieuses portées contre Mohamed Sokrate semblent être une nouvelle étape dans la campagne contre la liberté d'expression menée par les autorités marocaines, et qui a déjà conduit à l’arrestation et la condamnation de plusieurs blogueurs”, a déclaré Reporters sans frontières. “L’organisation s’inquiète de la recrudescence de l’utilisation du droit pénal à l’encontre des blogueurs”, a ajouté l'organisation.

Mohamed Sokrate, 31 ans, est connu au Maroc pour être un défenseur de la laïcité et des libertés individuelles et pour ces commentaires critiques à l’égard du régime. Il a également été membre du mouvement “20 février” et faisait partie des jeunes invités, en 2011, à participer au Comité de la réforme institutionnelle.

Les avocats et les proches de Sokrate réfutent les accusations portées contre lui. Sa mère a déclaré dans une vidéo publiée sur Internet qu’il n’avait aucun lien avec le milieu de la drogue et que son arrestation était due à ses activités politiques.

D’après son avocat, Maître Taher Abouzaid, de multiples vices de forme ont également été relevés dans ce dossier et la cour a refusé les dépositions des témoins présents lors de l’arrestation de son père et de son frère. Selon plusieurs sources, ces derniers auraient été arrêtés pour obliger Mohamed Sokrate à signer le procès-verbal de la police.

Une campagne de solidarité a été lancée en ligne et de nombreux blogueurs marocains ont exprimé leur soutien à Sokrate.

Maître Taher Abouzaid a fait appel ce matin. La première audience devant la cour d’appel aura lieu dans vingt jours minimum.

Suivez la campagne de soutien :

Sur Twitter : #Freesokrate
Sur Facebook : https://www.facebook.com/groups/m.sokrat

Le compte Twitter de Mohamed Sokrate: https://twitter.com/#!/mohammedsokrat

Son blog: http://mc-sokrat.maktoobblog.com/

(photo : febrayer.com)