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24 novembre 2015 - Mis à jour le 8 mars 2016

L’audience en appel de la journaliste Gao Yu tenue au secret


Le 24 novembre 2015, l’audience du procès en appel de la journaliste Gao Yu s’est déroulée à huis clos au tribunal populaire supérieur de Pékin, plus de sept mois après sa condamnation à sept ans d’emprisonnement pour « divulgation de secrets d’Etat ».
Plusieurs journalistes et diplomates se sont présentés au tribunal mais ont été repoussés par la police, la cour ayant décidé de siéger à huis clos. Les détails de l’audience, durant laquelle Gao Yu aurait réaffirmé son innocence et répondu aux questions du juge et de ses avocats, n’ont donc pas été rendus publics. A l’issue de l’audience, qui n’aura duré qu’une heure, ses avocats Mo Shaoping et Shang Baojun ont déclaré que la décision du tribunal serait annoncée le 26 novembre. « Nous condamnons fermement l’absence de transparence de la justice chinoise, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Les ambassades étrangères, dont des membres ont été empêchés d’accéder au tribunal, devraient protester publiquement contre ce huis clos décidé par la Cour. Nous appelons à nouveau à la remise en liberté de Gao Yu, qui n’a commis aucun des faits qui lui sont reprochés. Son état de santé, qui demeure préoccupant, constitue un motif supplémentaire pour sa libération immédiate ». L’état de santé de la journaliste, âgée de 71 ans, atteinte d’adénopathie et aux antécédents cardiaques, s’est considérablement dégradé entre 2014 et 2015. Selon ses avocats, elle aurait souffert d’une crise cardiaque en octobre dernier. Durant sept mois, la justice chinoise a éludé la demande d’appel de ses avocats, repoussant la décision à trois reprises. La possibilité d’interjeter appel n’est pas automatique en Chine, un juge devant d’abord se prononcer sur la recevabilité de l’appel émis par les avocats de l’accusé. La Chine, qui occupe la 176e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2015 par Reporters sans frontières, demeure la plus grande prison du monde pour les acteurs de l’information, avec 107 journalistes professionnels et journalistes-citoyens actuellement détenus. Elle continue en outre de déployer un appareil de censure et de propagande massif, à la fois sur son territoire et hors de ses frontières.