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13 août 2014 - Mis à jour le 25 juillet 2016

L’assassinat au Mexique de Octavio Rojas Hernández, correspondant de El Buen Tono


Le correspondant du quotidien El Buen Tono dans l’État de Oaxaca, Octavio Rojas Hernández, a été assassiné devant son domicile le 11 août 2014. Le journaliste couvrait les affaires des police dans la municipalité de San José Cosolapa, où sévissent conflits postélectorales et crime organisé.

Selon les témoins, juste avant qu’il passe à table le 11 août 2014, Octavio Rojas Hernández a été attiré dehors par un inconnu prétendant vouloir acheter sa voiture. L’homme lui a ensuite tiré dessus à quatre reprise avant de s’échappé sans dire un mot. Interrogés par Reporters sans frontières, ses collègues du quotidien El Buen Tono avancent la possibilité que l’assassinat soit lié à un article du journaliste qui traitait d’une opération militaire à l’encontre d’une bande criminelle connue sous le nom de “Chupaductos”. L’article, publié le 9 août dernier, mentionnait la possible appartenance à la bande du directeur de la police municipale, en fuite depuis quelques jours. À noter que depuis quelques mois, Octavio Rojas Hernández était par ailleurs chargé de presse de la mairie de San José Cosolapa.

Nous demandons que l’enquête soit prise en charge par les autorités fédérales, déclare Camille Soulier, responsable du bureau Amériques de Reporters sans frontières. Lors de la visite au Mexique en avril dernier de Christophe Deloire, secrétaire général de l’organisation, le secrétaire du gouvernement Miguel Osorio Chong avait réitéré la ‘volonté pleine et entière’ du gouvernement de restructurer le mécanisme fédéral de protection des journalistes et de faire de leur sécurité une priorité. Presque cinq mois plus tard, nous ne constatons aucun changement et le nombre de victimes ne cesse d’augmenter.

Le quotidien El Buen Tono, basé dans l’État de Veracruz, a dénoncé des menaces à son encontre en avril 2014. En 2011, les locaux du journal avaient été mis à feu par un groupe armé. Les enquêtes concernant ces exactions n’ont toujours pas abouties. En 2013 le parquet fédéral spécialisé dans les atteintes à liberté d’expression s’est déclaré incompétent et a transféré l’affaire au parquet de l’État de Veracruz. Les États de Veracruz et Oaxaca sont tristement connus pour leur haut niveau d’insécurité dû à la présence de nombreux cartels et à la corruption des officiels locaux.

En 2014, le Mexique ne faillit pas à sa réputation de pays le plus mortel pour les journalistes en Amérique Latine. Octavio Rojas Hernández est le cinquième journaliste assassiné depuis le début de l’année. Le 31 juillet dernier, son confrère Indalecio Benítez Mondragón échappait de peu à une tentative d’assassinat par un groupe d’hommes armés. Son fils Juan Diego Benítez, âgé de 12 ans, n’a pas survécu à l’attentat.

Le Mexique est 152ème sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.