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25 novembre 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

"L'Appel de la Colline" de Mediapart et Reporters sans frontières


A l'issue de la soirée "pour une presse libre et indépendante", organisée le 24 novembre 2008 au Théâtre de la Colline, à Paris, par Mediapart et Reporters sans frontières, le site d'information et l'organisation de défense de la liberté de la presse publient "L'Appel de la Colline", un texte qui rappelle les principes essentiels qu'ils entendent défendre.
Signez l'appel de la Colline, pour une presse libre et indépendante. Les extraits vidéos de la soirée au théâtre de la Colline Voici un résumé en trois vidéos de la soirée dédiée à la presse libre et indépendante, que Mediapart et Reporters sans frontières ont organisée, le lundi 24 novembre 2008 au théâtre de la Colline à Paris. Ce Off des Etats généraux de la presse a duré 2h30. Nous vous proposons ici trois extraits de quelque 10 minutes chacun. ---------------- Alors que l'Elysée, par ses « états généraux de la presse », entend remodeler l'ensemble des systèmes d'information, il est apparu urgent de faire entendre d'autres voix. Celles des lecteurs bien sûr, mais aussi celles des journalistes, blogueurs et intellectuels, aujourd'hui largement absents de la procédure en cours. Reporters sans frontières et Mediapart ont organisé une soirée ouverte au public et consacrée à la défense d'une presse libre et indépendante en France. Des journalistes et des blogueurs sont venus témoigner sur scène ou en vidéo de la difficulté à exercer leur métier : Audrey Pulvar, Alain Genestar, le blogueur Christophe Grébert et beaucoup d'autres. En seconde partie, des représentants d'associations professionnelles, des philosophes, des écrivains, des juristes et des associations de lecteurs ont formulé des propositions pour renforcer l'indépendance de la presse. Etaient présents François Malye, du Forum permanent des sociétés de journalistes, Philippe Bilger, avocat général, Cyril Lemieux, sociologue des médias, Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France, Géraldine Muhlmann, professeur de Sciences politiques, Bernard Stiegler, docteur de l'École des hautes études en sciences sociales. A l'issue de cette soirée, Reporters sans frontières et Mediapart ont rendu public le texte suivant : ---------------- APPEL DE LA COLLINE

Le 24 novembre 2008

Mediapart/Reporters sans frontières

La liberté de la presse n'est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens. Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté fondamentale de tout être humain. Sans information libre sur la réalité, ambitieuse dans ses moyens et pluraliste dans ses fins, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique. Régime de tous les citoyens, sans privilège de naissance, de diplôme ou de fortune, une véritable démocratie suppose que tous soient pareillement informés pour être libres dans leurs choix et autonomes dans leurs décisions. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes. Leur première obligation est à l'égard de la vérité des faits. Leur première discipline est la recherche d'informations vérifiées, sourcées et contextualisées. Leur première loyauté est envers les citoyens et prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics. Défendre et promouvoir cet idéal suppose l'indépendance, la transparence et le pluralisme. L'indépendance, c'est-à-dire: - le respect général du droit moral des journalistes sur leur travail, afin de garantir que l'information ne soit pas réduite à une marchandise; - le refus impératif du mélange des intérêts industriels et médiatiques, afin de garantir que les opérateurs économiques n'aient pas d'autre objectif que l'information; - la préservation absolue de l'intégrité du service public de l'audiovisuel, afin de garantir que ni ses informations ni ses programmes ne soient contrôlés par le pouvoir exécutif. La transparence, c'est-à-dire: - un véritable accès, rapide et facile, à toutes les sources documentaires d'intérêt public pour la vie démocratique et le sort des citoyens, à l'image du Freedom of Information Act en vigueur aux Etats-Unis depuis 1967; - une large protection des sources des journalistes, assurant le droit des citoyens à les alerter et à les informer, inspirée de l'excellente loi belge en vigueur depuis 2005; - une publicité étendue sur tous les actes du pouvoir exécutif ayant une incidence directe sur notre vie publique, de façon à permettre l'interpellation libre et le questionnement contradictoire des gouvernants par les journalistes. Le pluralisme, c'est-à-dire: - une concentration limitée et régulée, de façon à éviter tout monopole de fait ou tout abus de position dominante; - une égalité de traitement de la presse numérique et de la presse imprimée, de façon à éviter toute discrimination stigmatisante d'Internet; - une reconnaissance à part entière de la place des lecteurs en tant que commentateurs, contributeurs et blogeurs, de façon à accroître la diffusion et le partage démocratiques des informations et des opinions. Toute voie qui s'éloignerait de ces principes serait une régression. Mediapart / Reporters sans frontières ---------------- En ouverture de la soirée le «Off des états généraux de la presse», organisée par Mediapart et Reporters sans frontières lundi 24 novembre au Théâtre de la Colline à Paris, fut projetée cette sélection d'archives concoctée par Antoine Perraud. De la IIIe République à la conf' de presse de Nicolas Sarkozy en janvier 2008, de Léon Zitrone à Alain Duhamel en passant par Yves Mourousi, petit manuel d'une presse pensée pour simplement capter le pouvoir. 18 minutes décapantes. Montage: Karim Benzidani, regardeavue.com