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4 juillet 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

L'affaire Igor Alexandrov, un an après la mort du journaliste


Reporters sans frontières, le réseau Damoclès et l'Institut des Mass Medias demandent à la Cour suprême de confirmer l'acquittement de l'assassin présumé.
Mise à jour : Le 19 juillet, Yuri Vérédiuk est décédé d'un arrêt cardiaque. L'avocat de la famille Alexandov a indiqué que ce décès ne remettait pas en cause les droits de la partie civile et ne devrait pas compliquer la recherche de la vérité. Le 25 juillet, la Cour suprême d'Ukraine a annulé le verdict du 17 mai et décidé la réouverture de l'enquête. Le réseau Damoclès, Reporters sans frontières (RSF) et l'Institut des Mass Medias (IMI) attendent avec beaucoup d'intérêt le verdict qui doit être rendu par la Cour suprême, le 25 juillet prochain, dans le cadre du procès du journaliste ukrainien Igor Alexandrov. Le 20 mai 2002, le parquet a fait appel de la décision rendue par la Cour régionale de Donetsk d'acquitter l'assassin présumé du journaliste. L'attitude de la Cour suprême permettra de mesurer la volonté dont fait preuve la justice ukrainienne de lutter contre l'impunité dans cette affaire, affirment les trois organisations. Et d'ajouter : en confirmant le jugement de la Cour régionale de Donetsk, la Cour suprême ouvre la voie à une nouvelle enquête et à l'espoir de juger les véritables meurtriers d'Igor Alexandrov. Dans le cas contraire, elle viendra accréditer la thèse du "coupable de circonstance", montée de toutes pièces par les autorités ukrainiennes. Le 17 mai 2002, les trois organisations s'étaient félicitées de l'acquittement de Yuri Vérédiuk, ce sans domicile fixe accusé du meurtre d'Igor Alexandrov. L'acte d'accusation ne reposait que sur les aveux de Yuri Vérédiuk, sans aucune autre preuve tangible de son implication dans ce crime. La famille d'Igor Alexandrov, leur avocat et les trois organisations de défense des droits de l'homme ont œuvré pour que les graves manquements de l'enquête soient mis à jour, et qu'un innocent ne soit pas condamné pour protéger les véritables responsables de ce meurtre. A l'occasion du premier anniversaire de la mort du journaliste ukrainien, le réseau Damoclès, Reporters sans frontières et l'IMI publient le compte rendu des audiences du procès sur www.rsf.org. Ce document a été réalisé par des membres de l'IMI qui ont assisté à toutes les audiences du procès. Rappel des faits Le 3 juillet 2001, Igor Alexandrov, directeur général de la télévision TOR, était agressé à coups de battes de base-ball par des inconnus, à l'entrée des locaux de la télévision. Suite à un grave traumatisme crânien, il succombait à ses blessures, le 7 juillet. Igor Alexandrov avait déjà été inquiété à cause de son métier de journaliste. Ainsi, en 1998, il avait été condamné à une amende de 2350 hryvnias (500 euros) et à l'interdiction de poursuivre son activité professionnelle pendant cinq ans en raison d'une plainte déposée par le député Olexandr Lechtchynsky, qu'il avait qualifié de "roi du royaume de la vodka du Donbass" (zone industrielle à l'est de l'Ukraine). En 2000, l'affaire avait été close, suite au retrait de la plainte par le député. Igor Alexandrov avait néanmoins cherché à obtenir l'annulation du premier verdict, la reconnaissance des fautes commises par le parquet et une réparation pour préjudice moral. Après une enquête préliminaire bâclée, qui s'est accompagnée par de multiples pressions à l'encontre de la famille, le parquet général annonçait, le 15 décembre 2001, le nom d'un suspect tout en refusant d'indiquer le mobile du meurtre. La détermination de la famille d'Igor Alexandrov et de leur avocat, Bogdan Ferents, engagé par l'IMI et Reporters sans frontières, a permis au fils du journaliste d'être reconnu partie civile et d'obtenir l'ouverture du procès dans un délai de vingt jours après la fin de l'enquête préliminaire, comme le prévoit la loi ukrainienne. - Télécharger le rapport (.pdf, 160 Ko env.)