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30 mai 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La violente agression du correspondant de RSF en Croatie, Zeljko Peratovic


Reporters sans frontières (RSF) condamne avec la plus grande fermeté l’attaque contre son correspondant en Croatie, Zeljko Peratovic, devant son domicile. L’organisation demande aux autorités d’assurer la protection de ce journaliste de renom. Le 28 mai 2015 au soir, trois individus non identifiés ont immobilisé leur véhicule devant le domicile du journaliste d’investigation Zeljko Peratovic à Karlovac dans le centre de la Croatie. Après avoir insulté à plusieurs reprises ce dernier alors qu’il arrivait chez lui, les trois hommes l’ont poursuivi à l’intérieur de son domicile en lui assénant de nombreux coups. Après une courte hospitalisation, le journaliste d’investigation freelance, par ailleurs correspondant de RSF en Croatie, est rentré chez lui où il collabore actuellement avec la police afin de retrouver les agresseurs. Trois suspects ont été arrêtés. Les autorités croates n'ont pour l’instant pas condamné cette agression. “Nous condamnons avec fermeté l’agression brutale dont a été victime notre correspondant en Croatie, Zeljko Peratovic", déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. "Nous appelons les autorités croates à prendre la mesure de la gravité de cette attaque violente à l’intérieur même du domicile d’un journaliste et à dénoncer publiquement ces faits qui ne sauraient être tolérés. Il est de leur devoir d’assurer la sécurité des journalistes dans le pays.” Pour le célèbre journaliste d’investigation freelance, cette agression pourrait être en lien direct avec une série d’articles qu’il a publiés sur une affaire de corruption datant de 2010, dans laquelle serait impliqué la mairie de Karlovac. Le journaliste estime également que cette attaque pourrait être liée à sa couverture du procès de Josip Perkovic, un membre haut placé des services de sécurité yougoslave, actuellement en procès à Munich pour son implication dans le meurtre d’un émigré yougoslave en Allemagne de l’Ouest en 1983. Il y a quelques années, le journaliste avait déjà été la cible de menaces de mort, lesquelles furent classées sans suites par les autorités. Zejko Perkovic faisait également l’objet d’une multitude de procédures judiciaires intentées contre lui depuis 2009 dans lesquelles il était accusé entre autres de diffamation, d’atteinte au secret de l’instruction et d’avoir “divulgué des informations de nature à troubler l’ordre public”. Il avait été relaxé en 2011. Bien que la situation de la liberté de la presse se soit globalement améliorée en Croatie ces dernières années, RSF s’inquiète des menaces proférées en toute impunité à l’encontre de journalistes. Le président de l’Association des journalistes croates, Sasa Lekovic, est régulièrement la cible d’insultes de la part des milieux nationalistes. Le 29 mai 2015, il a reçu des menaces de mort par lettre. En février 2015, une poupée à l’effigie du journaliste Ante Tomic avait été brûlée en place publique. La police n’avait alors pas donné suite à la plainte du journaliste et personne n’avait été inquiété. La Croatie se situe à la 58ème position sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015.