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22 février 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La presse prise à partie à seulement trois jours du scrutin présidentiel : Reporters sans frontières appelle les autorités à maintenir l'ordre


Des partisans du marabout Cheikh Bethio Thioune, un proche du président de la République sénégalaise Abdoulaye Wade (Parti démocratique sénégalais, PDS), ont attaqué un convoi du leader de la coalition d'opposition "And Liguey Sénégal", Idrissa Seck (parti Rewmi), le 21 février 2007, dans le quartier Mermoz, à Dakar. Plusieurs personnes ont été blessées. Une quinzaine de journalistes qui suivaient ce convoi ont été pris à partie par les manifestants. Leurs véhicules ont été saccagés, du matériel a été volé et certains ont été menacés à l'arme blanche. Les forces de l'ordre ne sont pas intervenues. Reporters sans frontières condamne tout acte de violence dirigé contre la presse et rappelle que garantir la sécurité des journalistes est une obligation des gouvernements des Etats démocratiques. L'organisation déplore que la presse sénégalaise fasse les frais de rivalités politiques et soit malmenée sur la voie publique à seulement trois jours du scrutin présidentiel. Reporters sans frontières demande aux forces de l'ordre et en particulier au ministre de l'Intérieur, Ousmane Ngom, de prévenir tout débordement de violence à la veille de l'élection présidentielle et d'assurer un encadrement adéquat à tout évènement politique que les journalistes seraient susceptibles de couvrir. Deux véhicules de journalistes suivaient le convoi du candidat Idrissa Seck (parti Rewmi) opposé au candidat du PDS, Abdoulaye Wade. Un minibus contenant une dizaine de professionnels de la presse privée, notamment de la Radio Futurs Médias (RFM), du groupe Walfadjri, du quotidien Le Populaire et de la radio Océan FM, a été attaqué. Des ordinateurs et des téléphones portables leur ont été dérobés. L'un d'entre eux a reçu un coup de gourdin, un autre a essuyé des jets de pierres. Les journalistes ont pris la fuite pour échapper à leurs agresseurs tandis que les manifestants mettaient le feu à leur minibus. Une journaliste de la radio Walfadjri a été fortement intimidée et encerclée par un groupe d'assaillants. La jeune femme a été sauvée grâce à l'intervention d'un proche qui se trouvait dans la foule.