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28 janvier 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La presse empêchée de couvrir les activités du centre de détention de Woomera


Dans une lettre adressée au ministre de la Police de l'Etat du Sud (South Australia), Robert Lawrence Brokenshire, Reporters sans frontières (RSF) a protesté contre la décision, prise le 26 janvier par les agents de la protection civile, d'interdire la présence de journalistes à moins d'un kilomètre du centre de détention de Woomera. "Il est scandaleux de voir les autorités empêcher les journalistes de travailler sous le faux prétexte de protéger des demandeurs d'asile", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de RSF. "On ne peut que condamner cette échappatoire  visiblement destinée à occulter une politique d'immigration très discutable", a-t-il ajouté. L'organisation a demandé au ministre de la Police de lever cette mesure attentatoire à la liberté de la presse.   Selon les informations obtenues par RSF, une trentaine de journalistes ont été apostrophés, le 26 janvier 2002 au soir, par des officiers de l'APS (service de sécurité australien) leur demandant de quitter l'enceinte qui leur était réservée sous peine d'être arrêtés. Les journalistes, australiens et étrangers, ont disposé de trente minutes pour obtempérer. Alors que certains consultaient leurs rédactions par téléphone, un officier de l'APS a demandé leurs noms et leurs adresses. Natalie Larkins, reporter pour la chaîne de télévision ABC Adélaïde, a été arrêtée et emmenée à la station de police de Woomera. Elle a été libérée trois heures plus tard à la condition qu'elle quitte la ville sur-le-champ.  Près de 370 demandeurs d'asile sont actuellement en grève de la faim à Woomera où les tentatives de suicide se multiplient. Alors que la presse locale devient de plus en critique à l'égard de la politique d'immigration qualifiée de "xénophobe", le ministre de l'Immigration, Philip Ruddock, a déclaré lundi à la radio ABC que cette mesure d'interdiction correspondait à "une décision opérationnelle prise par les services de protection civile en lien avec la sécurité des détenus".