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27 juillet 2012 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La liste des citoyens-journalistes assassinés et arrêtés s’allonge chaque jour


27.07.2012 - Une jeune citoyenne-journaliste syrienne arrêtée à Lattaquié, il y a un mois

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Reporters sans frontières a appris l’arrestation de la citoyenne-journaliste Fatima Khaled Saâd, par une brigade de la sûreté d’Etat de Lattaquié, le 28 juin 2012. Elle est maintenue en détention depuis un mois.

“Nous prenons connaissance chaque jours, de nouvelles atteintes à la liberté d’information, qui avaient été dissimulées par le régime. Il semblerait que le seul crime commis par Fatima Saâd est d’avoir eu en sa possession des chants à la gloire de la jeunesse syrienne et de sa révolte contre le régime. Sa détention arbitraire, au cours de laquelle elle a subi de nombreuses violences physiques et psychologiques, doit prendre fin. Nous appelons à sa libération immédiate et sans condition tout comme celle des autres journalistes et citoyens-journalistes incarcérés en Syrie”, a déclaré Reporters sans frontières.

Le 28 juin 2012, les forces de sécurité ont arrêté Khaled Saad, son fils et sa fille, Fatima. A l’issue de la perquisition du domicile, l’ordinateur de Fatima a été saisi ainsi que son appareil photo numérique, une carte mémoire et son téléphone. Si son père et son frère ont été relâchés, Fatima, après avoir subi de mauvais traitements par les services de renseignement, qui l’ont longuement interrogé, a été admise d’urgence à l’hôpital militaire de Lattaquié. Elle a, par la suite, été transférée au siège des services de renseignements militaires, à Damas, le 17 juillet 2012. D’après certaines sources, elle serait détenue à la section 291. Reporters sans frontières s’inquiète pour l’état de santé de la jeune femme.

Le sort réservé par Damas aux opposants au régime, justifie les craintes quant à la situation de Fatima Saâd. Il est manifeste que ses activités et son passif sont de nature à mettre sa vie en danger.
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24.07.2012 - Enlèvement du présentateur de télévision Mohamed Al-Saeed

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Reporters sans frontières s’inquiète du sort du présentateur de télévision Mohamed Saeed, enlevé le 20 juillet dernier, à son domicile, situé dans le quartier de Jdaydet Artoz (sud-ouest de Damas). Sa famille et ses proches sont sans nouvelles de lui depuis. Par ailleurs, l’enlèvement n’a pas été revendiqué. Mohamed Saeed présente une émission politique sur la chaîne de télévision officielle syrienne.

Reporters sans frontières exhorte ses ravisseurs à libérer Mohamed Saeed, et rappelle que les médias ainsi que les journalistes, professionnels ou citoyens, ne doivent en aucun cas être pris pour cibles par les parties au conflit.











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17.07.2012 - Arrestation d’un des membres du LCC de Homs

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Le 14 juillet 2012, les services de sécurité syriens ont arrêté le citoyen-journaliste Salim Qabbani, à Damas, où il était en mission. Membre du comité local de coordination (LCC) de Homs, cet activiste pacifiste est intervenu à plusieurs reprises dans différents médias pour décrire la situation sur le terrain, comme dans cette vidéo où on le voit apparaître sur Al-Jazeera. Âgé de tout juste 23 ans, il a ainsi contribué à informer le monde sur la répression et les violents combats qui se déroule dans la ville de Homs, un des épicentres de l’insurrection syrienne.

Reporters sans frontières exprime ses vives inquiétudes quant au sort réservé à Salim Qabbani, ainsi qu’aux dizaines d’autres citoyens-journalistes et professionnels de l’information actuellement détenus en Syrie, la plupart d’entre eux étant, selon toute vraisemblance, soumis à de terribles tortures.

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12.07.2012 - Assassinats ciblés

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Reporters sans frontières a appris, avec une profonde tristesse, l’assassinat de deux citoyens-journalistes syriens. Elle a également reçu confirmation de la mort de trois autres d’entre eux, dont au moins un a perdu la vie alors qu’il était en train d’exercer une activité journalistique.

Le 4 juillet 2012, Suhaib Dib a été victime d’un assassinat ciblé par les forces de l’ordre, à Al-Meliha (banlieue de Damas). Encore lycéen, il était néanmoins l’un des activistes les plus impliqués dans la ville, notamment dans la diffusion d’informations à propos du soulèvement et de la répression.

Le 21 juin dernier, Omar Al-Ghantawi, qui n’avait même pas 20 ans, a été tué par un sniper, à Homs, alors qu’il était en train de filmer le bombardement des quartiers de Jobar et d’Al-Sultaniyeh. Technicien en téléphonie mobile avant le début du soulèvement, il a quitté son travail pour couvrir la révolution. Il est l’auteur de centaines de clichés et de vidéos documentant notamment les exactions commises par le régime de Bachar Al-Assad.

Omar Al-Ghantawi était également connu pour avoir déchiré l’un des portraits de Hafez Al-Assad, ancien président de la Syrie et père de l’actuel dictateur, dans le quartier de Baba Amr. Cela lui avait valu d’être pris pour cible par un tireur embusqué, qui l’avait atteint d’une balle dans la poitrine. Cloué au lit pendant trois mois, il avait repris sa caméra dès son rétablissement.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a pu confirmer que Ghias Khaled Al-Hmouria avait été tué par balle, le 25 juin 2012, à Douma (banlieue de Damas), alors qu’il filmait une opération mené par l’Armée syrienne libre.

Est également confirmée, la mort des citoyens-journalistes Mohamed Hamdo Hallaq, tué lors du pillonage de la ville d’Azaz (nord d’Alep), le 2 juillet 2012, et Samer Khalil Al-Sataleh, tué dans un bombardement à Douma, le 28 juin 2012. Toutefois, l’organisation n’a pas encore réussi à élucider les circonstances exactes de leurs morts.

Libération

Reporters sans frontières est soulagée par l’annonce de la libération de Abderahman Matar, journaliste pour le quotidien panarabe Al-Hayat, le 9 juillet 2012. D’après certains opposants, son arrestation, un mois plus tôt, faisait suite à des articles qu’il avait écrits. Il aurait été accusé de “publication de fausses informations”, “d’affaiblir le sentiment national”, de “porter atteinte au prestige de l’État” et de “participation à des manifestations non autorisées”.

Cette libération ne doit pas éclipser le sort de dizaines d’autres professionnels de l’information et net-citoyens qui croupissent actuellement dans les geôles syriennes. Parmi eux, le blogueur Hussein Ghreir, arrêté le 18 février dernier au Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression avec quinze autres militants, et qui aurait, d’après Front Line Defenders, recemment entamé une grève de la faim pour protester contre son maintien en détention incommunicado.

Reporters sans frontières réitère son appel à la libération immédiate et sans conditions de tous les professionnels de l’information et citoyens-journalistes emprisonnés en Syrie, rappelant que les autorités syriennes s’étaient engagées à libérer tous les détenus politiques dans le cadre du plan Kofi Annan.

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07.07.2012 - Au moins 7 citoyens journalistes tués depuis la fin du mois de mai

Reporters sans frontières a appris avec effroi la mort, en lien avec leurs activités journalistiques, de cinq autres citoyens syriens :

- Waël Omar Bard, tué par balle, le 26 juin 2012, à Jarjanaz (nord)

- Hamza Mahmoud Othman, tué par balle, le 21 juin 2012, à Homs (centre)

- Bassim Barakat Darwish, mortellement blessé dans un bombardement aérien, le 13 juin 2012, à Rastan (nord), et décédé deux jours plus tard.

- Ayham Youssef Al-Hariri, mortellement blessé par l’explosion d’un obus, le 13 juin 2012, à Deraa (sud)

- Abdelhamid Idriss Matar, mortellement blessé par un tir de char, le 31 mai 2012, à Al-Qussair (centre)

L’organisation a également appris la mort en détention de deux citoyens journalistes, Hassan Mohamed Al-Azhari, le 17 juin 2012, et Rami Ismaël Iqbal, peu de temps après l’arrestation de celui-ci, survenue 21 décembre 2011.

Pour plus d’informations à propos de ces personnes et des circonstances de leur mort, nous vous invitons à lire notre communiqué de presse du 7 juillet 2012.
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19.06.2012 - Deux citoyens-journalistes morts caméra au poing

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Reporters sans frontières déplore les assassinats de citoyens-journalistes, de nouveau perpétrés par les forces du régime de Bachar Al-Assad, les 10 et 16 juin 2012, dans les villes de Homs et d’Al-Qussair.

Les deux citoyens-journalistes ont été tués alors qu’ils tentaient de couvrir la sanglante répression qui continue de s’abattre sur le peuple syrien. “Leurs noms s’ajoutent à la macabre liste de ceux qui sont déjà tombés, caméras et appareils photo au poing. Nous présentons nos plus sincères condoléances aux familles des victimes et urgeons la communauté internationale de donner les moyens au plan Annan d’aboutir à un cessez-le feu dans les plus brefs délais”, a déclaré Reporters sans frontières.

Ahmed Hamada, jeune cameraman de 26 ans, a été abattu d’une balle par un tireur embusqué, le 16 juin 2012 à Homs, alors qu’il filmait les rues de Bab Amr (vidéo au contenu sensible), sous le feu de l’artillerie lourde, et tentait de sauver son ami, Abd Al-Hadi Al-Qoumali, mortellement tombé. Ce jeune citoyen-journaliste s’évertuait à parcourir les rues avec son caméscope pour couvrir les bombardements de l’armée régulière. Il est l’auteur de plusieurs centaines de vidéos témoignant du pilonnage de la ville, notamment dans les quartiers de la vieille ville et de Khaldiyeh.

Khaled Al-Bakir, citoyen-journaliste âgé de 30 ans, a été tué par un obus à Al-Qussair, (à 10 kilomètres environ au sud de Homs), alors qu’il couvrait le bombardement de la ville par l’armée syrienne, le 10 juin 2012. Plus connu sous le nom d’“Abu Sliman”, il filmait les bombardements et les exactions de l’armée régulière contre les civils, ainsi que les manifestations dans les rues de Homs, chaque vendredi, habituellement journée de mobilisation.

Khaled Al-Bakir

Par ailleurs, “l’organisation condamne avec virulence les attaques qui ont pris pour cible un journaliste étranger dans le nord du pays”.

Ahmed Bahaddou, de nationalité belge, a été rapatrié dans un hôpital de Londres, le 17 juin 2012. Il avait été blessé par balle à l’épaule le 15 juin dernier. Arrivé le 2 juin 2012 sur le territoire syrien avec deux autres collègues, il travaillait comme cameraman indépendant pour l’agence d’information Associated Press.

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04.06.2012 - Arrestation d'un citoyen-journaliste dans la région de Raqqa

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Reporters sans frontières est extrêmement inquiète du sort du citoyen-journaliste Ibrahim Hajji Al-Halabi, connu sous le nom d’Abou Al-Tayeb Al-Souri, arrêté le 12 mai 2012, dans la région de Raqqa (Nord).

Interpellé à l’aube, à Tel-Abyad, tout proche de la frontière turque, il aurait ensuite été transféré à Raqqa par les forces de sécurité. Sa caméra, son ordinateur personnel et trois cartes mémoire lui ont été confisqués. La police aurait également perquisitionné son domicile, et saisi un autre ordinateur portable.

Son sort demeure inconnu à ce jour. La torture étant le lot de nombreux prisonniers syriens, le pire est à craindre pour cet activiste. Reporters sans frontières appelle à sa libération immédiate, ainsi qu’à celle de tous les professionnels de l’information et net-citoyens actuellement détenus en Syrie.

Né en 1981, le citoyen-journaliste est le porte-parole des opposants de la région Al-Hassaka (Nord-Est) et un membre de la Commission générale de la révolution syrienne. II apparaissait régulièrement sur différentes chaines de télévision pour décrire les événements qui se déroulaient dans sa région. L’Union des écrivains syriens l’a décrit comme étant “la voix de la révolution dans la Djéziré”, le Nord-est syrien.

Originaire de la région de Raqqa, sa famille avait été relocalisée dans la région Al-Hassaka après avoir été expropriée de ses terres lors de la réalisation du grand barrage de Tabqa sur l’Euphrate.

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01.06.2012 - Bain de sang

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Bassel Shehadeh, vidéaste, a été tué par un sniper dans le quartier de Bab Saba’ à Homs, le 29 mai 2012. Bassel avait étudié la photographie aux Etats-Unis avant de revenir en Syrie au début du soulèvement populaire. Depuis plus de trois mois ce photographe et réalisateur de talent couvrait les événements à Homs. Il était un des principaux citoyens-journalistes depuis, notamment, le bombardement de Bab Amr en février dernier. Son assistant, Ahmed Assam, lui aussi vidéaste, a également été tué.

Trois média-activistes du réseau Sham News Network (SNN) ont également été tués par balles, le 27 mai dernier, dans le quartier de Khaldieh à Homs, par les forces de sécurité gouvernementales. On ignore encore les circonstances de leur assassinat :

- Ammar Mohamed Souhail, directeur et correspondant du réseau à Khaldieh ;
- Ahmed Adnan Al-Ashlaq, ingénieur, membre du réseau à Khaldieh ;
- Lawrence Fahmi Al-Nuaimi, média activiste et vidéaste pour le réseau SNN à Khaldieh, directeur du département de la diffusion en direct.

Par ailleurs, Reporters sans frontières a appris que deux journalistes, Mohamed Omar Al-Khatib et le vidéaste Bilal Ahmed Bilal, ont été arrêtés le 27 mai dernier par les renseignements de l’armée de l’air à Damas. Mohamed a été arrêté après avoir été blessé par balles. Reporters sans frontières s’inquiète pour son état de santé. D’après les informations recueillies, Bilal Ahmed Bilal aurait été transféré de l’aéroport de Mezzeh à la prison de Sednaya. Les deux journalistes avaient déjà été détenus par les services de sécurités au cours des douze derniers mois.

L’écrivain Khaled Khalifa, auteur de l’ “Éloge de la haine” (paru en 2006), a été arrêté le 25 mai dernier alors qu’il assistait à des funérailles. Il a été relâché trois jours plus tard. En février dernier, il avait adressé une lettre ouverte aux journalistes et écrivains du monde entier, pour dénoncer le double véto chinois et russe au projet de résolution sur la Syrie au Conseil de sécurité de l’Onu.