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11 octobre 2001 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La justice française refuse d'ouvrir une information judiciaire à l'encontre du président du Burkina Faso


Reporters sans frontières (RSF) a pris acte de la décision du procureur de la République de classer "sans suite" la plainte qu'elle a déposée entre ses mains à l'encontre du président de la République burkinabé, Blaise Compaoré. RSF s'étonne de cette décision alors que les faits imputés au chef de l'Etat sont extrêmement graves et que sa responsabilité est gravement mise en cause. Les actes de torture qui ont conduit à la mort de David Ouédraogo ne sont le résultat ni d'un excès de zèle, ni d'une bavure. Ils ont été orchestrés et exécutés par des membres de la garde présidentielle, placée sous la responsabilité directe du chef de l'Etat. RSF rappelle que l'ordonnance du juge Vandermeersch, rendue le 6 novembre 1998 dans le cadre de la procédure introduite contre Augusto Pinochet, précise, à propos de la torture, que "de tels actes criminels ne peuvent être censés rentrer dans l'exercice normal des fonctions d'un chef d'Etat, dont l'une des missions consiste précisément à assurer la protection de ses concitoyens ". Par ailleurs, RSF ne s'explique pas la frilosité de la justice française. En effet, toute l'évolution du droit international invite aujourd'hui à ce qu'il ne soit plus fait de différence entre un chef d'Etat en exercice et un chef d'Etat à la retraite, alors que la torture est un crime international qui devrait être universellement réprimé. Aussi, RSF a décidé de déposer une plainte avec constitution de partie civile contre le président Blaise Compaoré, le 12 octobre 2001 entre les mains du doyen des juges d'instruction. L'organisation demande au procureur de la République, compte tenu de l'urgence, d'ouvrir immédiatement une information judiciaire de sorte qu'une décision soit prise par un juge d'instruction avant le départ du président Blaise Compaoré.