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9 septembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La Journée de l’Indépendance marquée par de nombreuses atteintes à la liberté d’informer


Reporters sans frontières condamne les agressions et menaces subies par les journalistes lors de manifestations survenues à l’occasion de la Journée de l’Indépendance, le 7 septembre 2013. Ces attaques sont à la fois le fait de manifestants et d’agents des forces de l’ordre. Le gouvernement du District fédéral (DF) a d’ores et déjà sollicité la création d’une commission d’enquête suite à ces incidents. “La police militaire s’est déjà rendue responsable de graves atteintes à l’intégrité physique de journalistes lors des précédentes manifestations du ‘Printemps brésilien’ comme lors de la visite pontificale. Ces comportements se répèteront s’ils ne sont pas sanctionnés, à l’égal de ceux de certains manifestants violents”, déclare Reporters sans frontières. “Nous n’ignorons pas la nécessité d’un débat rationnel sur les déséquilibres de l’espace médiatique au Brésil que dénonce une grande partie des citoyens. Pour autant, ces enjeux ne rendent aucunement tolérables les agressions contre les journalistes envoyés couvrir les manifestations. La critique des médias ne légitime en rien la violence”, ajoute l’organisation. “Certains faits ponctuels et anodins seront punis. Mais aucun d’entre eux n’entache l’éclat et la bravoure de la sécurité publique, qui a permis que les événements d’aujourd’hui se déroulent dans l’ordre le plus parfait”, a prétendu auprès des médias le commandant général de la police militaire du DF, Jooziel de Melo. Pourtant, à Brasilia, certains journalistes ont été les cibles de tirs de gaz lacrymogène au moment de la dispersion d’un attroupement devant la succursale de la chaîne de télévision nationale Globo. Les journalistes qui filmaient la scène ont également subi l’hostilité des manifestants. Des policiers militaires en sont venus à lâcher des chiens sur un groupe de protestataires et les journalistes présents alors que ceux-ci se repliaient vers le Stade national. Le photographe de l’agence Reuters Ueslei Marcelino s’est blessé au genou alors qu’il essayait de s’enfuir. Un autre photojournaliste, Fábio Braga, du quotidien Folha de São Paulo, a été attaqué par les chiens mais sans dommages graves. La police militaire aurait délibérément visé au tir de gaz lacrymogène des journalistes pourtant identifiés comme tels, comme la photographe de Folha Marlene Bergamo, ou le reporter d’Agencia Brasil Luciano Nascimento. A Rio de Janeiro, des manifestants ont agressé une équipe de tournage de TV Globo. Le photographe Marcos de Paula, du journal O Estado de S. Paulo, a été atteint par une bombe de gaz lacrymogène. A São Paulo, le tir d’un policier a légèrement blessé le photojournaliste Tércio Teixeira. Enfin, à Manaus, une personne non identifiée a été arrêtée pour avoir agressé deux journalistes pendant les protestations.