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14 décembre 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La journaliste Nguyen Thi Thanh Van explique sa libération par la mobilisation internationale


Lors d'une conférence tenue ce matin au siège de Reporters sans frontières, Nguyen Thi Thanh Van, journaliste et militante française détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville, a affirmé : "Entre quatre murs, j'étais angoissée car je n'arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n'y a jamais eu de violences contre moi, mais j'étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C'était une forme de terreur morale."
Lors d'une conférence tenue ce matin au siège de Reporters sans frontières, Nguyen Thi Thanh Van, journaliste et militante française détenue du 17 novembre au 12 décembre à Hô Chi Minh-Ville, a affirmé : "Entre quatre murs, j'étais angoissée car je n'arrivais pas à imaginer une issue à cette situation. Il n'y a jamais eu de violences contre moi, mais j'étais interrogée tous les jours, sauf le dimanche, pendant une ou deux heures, par des policiers. Ils essayaient de me déstabiliser. C'était une forme de terreur morale." La journaliste, qui travaille pour des médias de la communauté vietnamienne en exil, notamment la radio Chan Troi Moi (Nouvel Horizon - http://www.radiochantroimoi.com) qui émet vers le Viêt-nam en ondes moyennes, a exprimé sa reconnaissance à tous ceux qui se sont mobilisés : "Quand vous sortez et que vous découvrez tout ce qui a été fait, cela fait chaud au cœur. En prison, j'avais cette angoisse que les gens ne sachent pas ce qui m'arrivait. En revanche, je suis choquée par les mensonges et les manipulations diffusés dans la presse vietnamienne. Rien à voir avec ce que j'ai dit pendant les interrogatoires." Son avocat, Serge Lewisch, a déclaré : "C'est une issue heureuse, mais le risque était énorme. Pour ces accusations de terrorisme, elle risquait la prison à vie. Et l'amalgame fait par les autorités autour de cette affaire était dangereux pour elle. A signaler que pendant ces vingt-cinq jours, je n'ai pas pu trouver d'avocat vietnamien qui ose la défendre. C'est un indicateur du manque de libertés au Viêt-nam." De son côté, Bui Xuan Quang, responsable du Comité de soutien Thanh Van, a remercié tous ceux qui se sont mobilisés, notamment l'ancienne ministre française Françoise Hostalier, qui est intervenue auprès des autorités françaises et vietnamiennes. "Madame Hostalier a reçu une réponse de l'ambassadeur du Viêt-nam en France qui lui expliquait que le fait de distribuer des tracts était un crime très grave", a précisé Bui Xuan Quang. Do Hoang Diem, président du parti Viet Tan (Réforme), a tenu à souligner deux points : "Cette affaire confirme que la pression internationale est fondamentale dans ce genre d'affaires et que le régime de Hanoi n'est pas près d'abandonner sa politique de répression contre les voix dissidentes." Enfin, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a rappelé qu'un journaliste, le père Nguyen Van Ly, et huit cyberdissidents sont toujours emprisonnés. "Nous nous félicitons de cette issue heureuse, mais il ne faut pas s'arrêter là. La répression contre les journalistes et les dissidents continue, comme en témoigne la condamnation, il y a deux jours, de quatre syndicalistes pour avoir notamment donné des informations à Radio Free Asia", a expliqué Robert Ménard.