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19 décembre 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La France et la Grèce déposent une résolution sur la protection des journalistes devant le Conseil de sécurité des Nations unies


A l'occasion d'une conférence de presse organisée par Reporters sans frontières et le ministère français des Affaires étrangères, à Paris, le 19 décembre 2006, le ministre Philippe Douste-Blazy a annoncé le dépôt d'une résolution sur la protection des journalistes en zones de conflit, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
A l'occasion d'une conférence de presse organisée par Reporters sans frontières et le ministère des Affaires étrangères, au Press club de France, le 19 décembre 2006, la France et la Grèce ont annoncé le dépôt d'une résolution sur la protection des journalistes en zones de conflit, devant le Conseil de sécurité des Nations unies. L'objectif est de "rappeler à toutes les parties des conflits leurs obligations en matière de protection et de sécurité des journalistes, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. Il s'agit ensuite de réaffirmer l'obligation pour les Etats de prévenir les crimes perpétrés à l'encontre des journalistes et, quand ces crimes sont commis, d'enquêter, d'appréhender les responsables et de les juger". "Il revient aujourd'hui au Conseil de sécurité, qui jouit d'une autorité politique considérable, de se mobiliser sur ce sujet central", a ajouté le ministre avant de préciser que la résolution avait été déposée à New York le 4 décembre. Il a également fait part de son "optimisme" quant à l'adoption rapide de ce texte par les membres du Conseil de sécurité. "Il paraît nécessaire que la résolution demande à tous les Etats de ne pas laisser impunies les attaques contre les journalistes. Dans ce but, les gouvernements doivent signer le premier protocole additionnel des Conventions de Genève (qui prévoit des dispositions spécifiques pour garantir la protection des journalistes)", a indiqué, de son côté, l'ambassadeur de Grèce en France, Dimitrios Paraskevopoulos. Reporters sans frontières a travaillé en étroite collaboration avec le ministère français des Affaires étrangères, à la rédaction de cette résolution. Robert Ménard, son secrétaire général, a rappelé quelques chiffres alarmants : 139 professionnels des médias ont été tués en Irak, depuis le début du conflit, soit deux fois plus que pendant la guerre au Viêt-nam ; au moins 81 journalistes ont été tués dans le monde en 2006 ; 774 l'ont été au cours de ces quinze dernières années, dont la moitié en zones de conflit. "Parfois, c'est Noël, s'est réjouit Pierre Lellouche, député UMP, à l'initiative d'une commission parlementaire sur ce dossier. Parfois, les parlementaires français peuvent servir à quelque chose et notamment à faire évoluer le droit humanitaire international. Je suis fier que la machine gouvernementale ait été aussi efficace. On n'aura pas tout réglé avec cette résolution, mais on aura fait avancer les choses." Toufik Benaïchouche, grand reporter algérien, a rappelé que 63 journalistes avaient été tués dans son pays et proposé qu'une "maison européenne des journalistes" soit créée pour permettre à des professionnels de la presse de "souffler un peu" hors de leur pays, lorsqu'ils sont menacés. Florence Aubenas, journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel observateur, a expliqué qu'il était "urgent de s'interroger sur les nouvelles formes de conflits qui mettent plus en danger les civils que les militaires". Elle a également précisé qu'il ne fallait pas participer à cette initiative dans un esprit corporatiste : "Nous voulons raconter les autres et pas nous raconter nous-mêmes. En protégeant une profession, nous espérons protéger les autres. C'est dans cet état d'esprit que nous voulons cette résolution." Patrick Poivre d'Arvor, présentateur et directeur délégué en charge de l'information de TF1, a ajouté qu'il fallait "vaincre la tentation du corporatisme et vaincre la tentation de ne plus envoyer personne dans les zones dangereuses". Enfin, Robert Ménard a remercié le ministère français de la Défense pour toute l'aide apportée et rappelé que Reporters sans frontières prête gracieusement des gilets pare-balles et des casques aux journalistes indépendants et leur propose également des assurances à un taux préférentiel.