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6 novembre 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La détention de deux employés de la FIJ témoigne de l’état critique de la liberté de l’information


Reporters sans frontières et son organisation partenaire, Journalists for democracy in Sri Lanka (JDS) condamnent vivement la détention et le harcèlement de Jacqueline Park et Jane Worthington, respectivement directrice et directrice adjointe de la zone Asie Pacifique au sein de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) à Colombo, la semaine dernière. "L'action tyrannique menée par les services d'immigration reflète encore une fois l'état critique de la liberté des médias au Sri Lanka, connu pour être l'un des pires endroits au monde pour les journalistes. La situation plus que précaire des professionnels des médias reste scandaleusement inchangée, quatre ans après que le gouvernement sri-lankais a officiellement annoncé la fin de la guerre civile", ont déclaré les deux organisations de défense de la liberté de la presse dans un communiqué commun. "Le harcèlement de ces deux défenseurs des médias met en évidence la volonté inébranlable de Colombo, qui n’à que faire de la pression et des condamnations internationales. Nous sommes particulièrement inquiets pour les journalistes locaux et les militants impliqués dans cet incident. Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour assurer leur sécurité » ont ajouté Reporters sans frontières et Journalists for democracy in Sri Lanka. Selon la FIJ, Mme Park et Mme Worthington ont été emmenées à leur hôtel contre leur gré, alors qu’elles participaient à un atelier sur la liberté de la presse organisé à Colombo. Leurs passeports ont été confisqués, elles ont été interrogées à plusieurs reprises par des personnels de l’immigration, de la défense, et par le Département des enquêtes criminelles (CID) pendant trois jours, et ont été empêchées de quitter les lieux pour prendre leur vol retour, initialement prévu le 31 Octobre. Au cours des interrogatoires, les enquêteurs ont copié des fichiers depuis l'ordinateur portable de Mme Park. Les deux femmes ont été accusées d'avoir enfreint les réglementations relatives au visa et le Ministre des médias de masse et de l’Information Keheliya Rambukwella les a publiquement accusées de se livrer à de «l'activisme anti gouvernemental ». Les autorités n’ont pourtant retenu aucune charge contre elles et les ont relâchées afin qu’elles quittent le pays. Après examen des informations fournies par le site Web du ministère de l'Immigration, aucune catégorie de visa spécifique aux journalistes n’existe. Tout journaliste se rendant dans le pays doit obtenir une accréditation de presse, procédure n’ayant rien à voir avec une quelconque catégorie de visa particulier. Cet incident à l’encontre de deux membres de la FIJ intervient alors que le pays, qui doit accueillir les chefs d’Etats du Commonwealth le 15 Novembre prochain est soumis à une pression de la communauté internationale, qui réclame une amélioration de la situation des droits humains dans le pays. Au moins 39 professionnels des médias ont été tués, enlevés ou portés disparus, tandis que de nombreux bureaux de médias ont été bombardés et brûlés, contraignant un nombre important d’employés de la profession à fuir le pays. A ce jour, aucun suspect n’a été traduit en justice. Le Sri Lanka se situe à la 162e position sur 179 pays dans le classement de la liberté de presse établi par Reporters sans frontières en 2013, et figure dans la liste des “Ennemis d’Internet” de l’organisation en raison de ses violations de la liberté de l’information.