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16 novembre 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La cour d’appel confirme la condamnation du journaliste Abdoumalik Boboïev


Le 12 novembre 2010, la cour d’appel a confirmé la condamnation du journaliste Abdoumalik Boboïev à 10000 dollars d’amende, ce qui correspond à 400 fois son salaire mensuel. Le correspondant de Voice of America avait été reconnu coupable de “diffamation”, d’”offense” et d’”atteinte à l’ordre public” par le tribunal de Tachkent le mois dernier.

Reporters sans frontières réitère avec force son soutien à un des derniers journalistes indépendants d’Ouzbékistan. Elle rappelle qu’Abdoumalik Boboïev n’est coupable d’aucun des chefs d’accusations pour lequels il a été condamné. Ce verdict illustre l’assimilation par les autorités du statut de journaliste à l’état de criminel. Abdoumalik Boboïev n’a fait que remplir sa mission d’information. Après sa condamnation en octobre dernier, il exprimait à Reporters sans frontières son inquiétude de voir se réduire le nombre de journalistes indépendants en Ouzbékistan, déjà très limité.

Les représentants des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, plusieurs journalistes et défenseurs des droits de l’homme ont assisté à l’audience. Le jury a rendu son verdict après 10 minutes de délibération sans modifier la décision du tribunal de Tachkent. Dans un rapport rendu après la décision de la cour d’appel, l’ambassade des Etats-Unis à Tachkent a condamné ce jugement et l’utilisation du système judiciaire pour réprimer la liberté d’expression des journalistes, celle-ci s’opposant à la Constitution ouzbeke et au droit international.

Boboïev avait déclaré à Reporters sans frontières après son jugement qu’il se battrait jusqu’au bout. Son avocat a annoncé qu’il présenterait le verdict devant la cour suprême d’Ouzbékistan.

Le même jour, le président Islam Karimov avait proposé au Parlement une réforme de la Constitution, visant entre autres à perfectionner le système judiciaire et à améliorer le financement des médias.