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28 avril 2006 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La commissaire européenne aux Relations extérieures a abordé la liberté d'expression sur Internet lors de sa visite au Viêt-nam


La commissaire européenne aux Relations extérieures, Mme Benita Ferrero-Waldner, en visite au Viêt-nam les 21 et 22 avril, a déclaré avoir soulevé la question de la liberté d'expression et le cas de cyberdissidents emprisonnés lors de ses rencontres avec le Premier ministre Phan Van Khai et le ministre des Affaires étrangères Nguyen Dy Nien. Reporters sans frontières, qui lui avait demandé d'intervenir en ce sens dans un courrier le 20 avril, se réjouit de cette prise de position. _______________________________________________________________ 20.04.2006 Reporters sans frontières demande à la commissaire européenne aux Relations extérieures d'intervenir en faveur des internautes emprisonnés Reporters sans frontières a écrit, le 20 avril 2006, à Mme Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, pour lui demander d'aborder avec les autorités vietnamiennes les cas des deux cyberdissidents Pham hong Son et Nguyen Vu Binh, et des trois internautes de la rue Kiem, Truong Quoc Tuan, Truong Quoc Huy et Lisa Pham, emprisonnés au Viêt-nam. La commissaire européenne doit en effet accomplir du 21 au 23 avril une visite officielle dans ce pays, au cours de laquelle elle rencontrera le Premier ministre Phan Van Khai et le ministre des Affaires étrangères Nguyen Dy Nien. “Madame, A l'occasion de votre prochaine visite au Viêt-nam, Reporters sans frontières vous prie de bien vouloir intervenir auprès du Premier ministre Phan Van Khai et du ministre des Affaires étrangères Nguyen Dy Nien pour leur demander la libération de cinq internautes actuellement emprisonnés : Pham Hong Son, Nguyen Vu Binh, Truong Quoc Tuan, Truong Quoc Huy et Lisa Pham. Tous sont détenus pour s'être exprimés en faveur de la démocratie dans des articles publiés sur Internet ou des forums de discussion. Nous nous inquiétons particulièrement du maintien en détention de Pham Hong Son, arrêté le 27 mars 2002 et détenu à la prison de Yen Dinh, à 230 km au sud de Hanoi. Il souffre d'une hernie inguinale qui pourrait s'avérer mortelle en l'absence d'une intervention chirurgicale. Le cyberdissident ne reçoit cependant aucun traitement. Depuis juillet 2005, Pham Hong Son présente également les symptômes habituels de la tuberculose. Il souffre des poumons et crache régulièrement du sang. Plusieurs tumeurs se sont également formées sur son visage et sur son corps. En juillet 2005, sa femme affirmait que son mari était détenu dans des conditions très difficiles. Le cyberdissident a certes été examiné par un médecin qui n'a pas diagnostiqué de tuberculose, mais sa famille reste néanmoins inquiète car les symptômes persistent. Pham Hong Son, médecin et responsable marketing d'une firme pharmaceutique avait initialement été condamné à treize ans de prison et trois ans de résidence surveillée, une peine réduite en appel le 26 août 2003 à cinq ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Il est accusé d'« espionnage » pour avoir traduit et diffusé sur Internet plusieurs articles favorables à la démocratie et aux droits de l'homme, articles qualifiés lors de son procès d'« antigouvernementaux » et d'« opposés au Parti communiste du Viêt-nam ». Nous vous prions également d'intervenir en faveur du cyberdissident Nguyen Vu Binh, détenu depuis le 25 septembre 2002 et condamné, le 31 décembre 2003, à sept ans de prison et trois ans de résidence surveillée. Cet ancien journaliste d'une publication officielle du Parti communiste vietnamien est notamment accusé d'avoir entretenu des relations avec des "dissidents subversifs", parmi lesquels le docteur Pham Hong Son. Il est sous le coup de plusieurs chefs d'inculpation parmi lesquels figurent sa participation à une association de lutte contre la corruption et sa demande, faite en 2000 aux autorités vietnamiennes, de créer un parti libéral démocratique. Enfin, Nguyen Vu Binh a été condamné pour avoir publié sur Internet des textes dont le contenu présentait, selon les autorités, un "caractère réactionnaire", notamment un essai intitulé "Réflexion sur les accords frontaliers sino-vietnamiens”. Nous vous serions enfin reconnaissants d'évoquer les cas de Truong Quoc Tuan, Truong Quoc Huy et Lisa Pham, surnommés les "internautes de la rue Kiem", qui ont été arrêtés le 19 octobre 2005 pour leur participation à un forum de discussion démocrate. Nous sommes sans nouvelles d'eux depuis et les autorités n'ont toujours pas daigné communiquer le motif de leur arrestation ni le lieu de leur détention. Ces cinq personnes sont emprisonnées pour avoir simplement osé s'exprimer sur des sujets manifestement proscrits au Viêt-nam, tels que la démocratie ou les droits de l'homme. Pourtant, en 2005, ce pays avait rendu public “un livre blanc sur les droits de l'homme”, dans lequel il s'engageait à respecter la liberté d'expression et à promouvoir une utilisation libre d'Internet. A l'évidence, le Viêt-nam ne respecte pas ses propres engagements en la matière. Pourtant, une avancée des autorités vietnamiennes dans le domaine des droits de l'homme et de la liberté d'expression devraient, selon notre organisation, constituer un préalable à l'accession, souhaitée par le Viêt-nam, à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). Nous espérons que vous pourrez insister sur ce point lors de vos entretiens avec les autorités. Confiant dans l'intérêt que vous voudrez bien porter à notre requête, je vous prie d'agréer, Madame, l'assurance de ma parfaite considération." Robert Ménard, Secrétaire général de Reporters sans frontières ------------- Créer votre blog avec Reporters sans frontières : www.rsfblog.org