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10 octobre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

La CIDH demande des mesures de protection pour le blogueur Ángel Santiesteban-Prats


La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a appelé, le 26 septembre 2014, le gouvernement cubain à octroyer des mesures de protection à l’écrivain et blogueur Ángel Santiesteban-Prats. En prison depuis février 2013, il a dénoncé à plusieurs reprises avoir subi des mauvais traitements et des actes de torture. La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a demandé au gouvernement cubain d’octroyer des mesures de protection au prisonnier Ángel Santiesteban-Prats après avoir été saisie par la collaboratrice du blogueur. Elisa Tabakman avait déjà fait part à la CIDH en juin 2013 des mauvais traitements, menaces et tortures psychologiques que subissait Ángel Santiesteban-Prats en prison depuis février 2013. Le 21 juillet dernier, les autorités ont annoncé l’évasion de l’écrivain de la prison. Le blogueur aurait fui à la suite de rumeurs sur son possible transfert vers un centre de détention de haute sécurité de l’armée des frontières. Elisa Tabakman a donc de nouveau contacté la CIDH pour demander que le cas d’Ángel Santiesteban-Prats soit traité rapidement. Ce dernier a récemment confirmé sur son blog s’être effectivement évadé de la prison et avoir passé cinq jours en liberté. Il s’est ensuite rendu aux autorités, déclarant que son évasion ne constituait pas une fuite mais un droit. En effet, sa sentence prévoyait une période de libération de 72 heures à l’issue de deux mois d’emprisonnement, refusée systématiquement par les autorités. A son retour de prison, le blogueur a bien été transféré au centre de détention de haute sécurité. Au vu de la gravité des faits, la CIDH a demandé, le 26 septembre, au gouvernement cubain d’octroyer des mesures de protection au blogueur afin d’assurer son intégrité physique. “Reporters sans frontières exhorte les autorités cubaines à respecter la décision de la Commission interaméricaine des droits de l’homme et réitère sa demande de libérer immédiatement le blogueur, en abandonnant toutes les charges retenues contre lui”, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction des Programmes de l’organisation. L’écrivain et blogueur est incarcéré en raison de ses positions ouvertement critiques vis-à-vis du gouvernement cubain. En décembre 2012, il a été reconnu coupable de « violation de domicile et agression » et condamné à cinq ans de prison lors d’un procès éclair. Dans une interview à Televisión Martí, le 15 juillet dernier, son fils a affirmé avoir été forcé de corroborer de fausses accusations à l’encontre de son père. Il a également dénoncé une affaire montée de toutes pièces. Dernier pays de la zone Amériques, Cuba est 170ème sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.