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14 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

La chaîne ARY News à Islamabad attaquée à la grenade


Reporters sans frontières (RSF) demande une réaction rapide et conséquente des autorités pakistanaises après l’attaque des locaux de la chaîne de télévision ARY News, à Islamabad.

Des hommes masqués ont attaqué la chaine ARY News, à Islamabad mercredi 13 janvier en fin de journée. Circulant à moto, ils se sont approchés du bâtiment afin de lancer une grenade et de tirer plusieurs coups de feu. L’explosion a blessé un membre de la rédaction. Face à la riposte du personnel de sécurité, les assaillants ont quitté les lieux laissant derrière eux un tract de revendication de l’attaque, signé par “l’Etat islamique de la région de Khurasan” (Islamic State Wilayah Khurasan). Le groupe terroriste accuse le la chaîne d’être à la solde de l’armée pakistanaise.

"Nous réaffirmons notre soutien à la rédaction et à tout le personnel de ARY News, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique à Reporters sans frontières. A une protection renforcée du média, doivent s’ajouter des mesures permettant d’empêcher que des hommes équipés d’armes de guerre circulent en toute impunité dans la capitale."

"Nous rejetons également de la manière la plus ferme les justifications apportées par les commanditaires de cette attaque. Les médias ne sont pas des cibles militaires, et les exactions dont ils font l’objet ne sauraient être qualifiées autrement que d’atteintes effroyables à l’encontre de la liberté de la presse."

Un journaliste de la chaîne, Kashif Abbasi, avait indiqué plus tôt à ses collègues qu’il faisait l’objet de menaces téléphoniques en provenance du Waziristan. Les auteurs des appels lui reprochaient notamment de ne pas couvrir les activités des Talibans dans la région. L’attaque contre ARY News, la première à l’encontre d’un média pakistanais en 2016, intervient seulement un mois après les violences dont a fait l’objet la chaîne d’information Express News à Sargodha, au Pendjab (est du pays) en décembre dernier. L’explosion d’une bombe artisanale avait alors blessé un garde et endommagé un véhicule appartenant à la télévision. Express News, considérée comme libérale, avait déjà fait l’objet de plusieurs attaques revendiquées par les Talibans.

Selon plusieurs journalistes pakistanais, les groupes extrémistes s’attaqueraient de plus en plus aux rédactions afin que ces dernières reprennent la couverture de leurs activités. Les forces de sécurité interdisent régulièrement aux médias de couvrir les activités des groupes militants et terroristes.

Le Pakistan, 159e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2015, est l’un des pays pilotes du Plan d’Action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.