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6 janvier 2016 - Mis à jour le 8 mars 2016

Jusqu'où ira Bujumbura dans la répression de l'information ?


L'information est plus que jamais victime de la spirale de violence et de la confusion politique dans lequel s’enferre le Burundi. Dans un communiqué du 4 janvier, le ministre de la sécurité publique menace à mots à peine couverts l'envoyée spéciale de RFI.

L'information libre continue d'être dans le viseur du président burundais Nkurunziza et de son gouvernement. Dernière cible en date, la journaliste de Radio France internationale (RFI), Sonia Rolley. Le Ministère de la sécurité publique lui reproche dans un communiqué publié le 4 janvier 2015, ses "traditionnels reportages de malédiction" et la publication "de fausses informations incendiaires" et de faux témoignages. Et le ministère de conclure par une menace à peine voilée, prédisant que “les services habilités prendront les mesures nécessaires à l'encontre de l'action perturbatrice de cette journaliste".

Dans le pays depuis une quinzaine de jours, la journaliste avait notamment publié des articles sur la systématisation des viols lors des perquisitions policières.

« Qu'un ministre du gouvernement se permette de proférer de telles menaces contre une journaliste connue pour le sérieux de son travail est absolument scandaleux, déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du Bureau Afrique de Reporters sans frontières. ">D'une part le président de la République fait des effets d'annonce et parle de réouverture de certains médias et de l'autre il tolére que l'on continue d'intimider les journalistes et de censurer les quelques bribes d'informations qui peuvent encore percer du chaos actuel. Le gouvernement de Pierre Nkurunziza ne viole pas seulement le droit des journalistes à faire leur travail mais le droit de toute la population burundaise à être informée de ce qui se passe dans son pays ».

Le Burundi occupait encore la 145ème place au (Classement 2015 de la liberté de la presse établi par RSF->https://index.rsf.org/#!/) (qui couvre l'année 2014). Avec la fermeture arbitraire des médias et la persécution des journalistes depuis le début de la crise de 2015, il est peu probable que le pays maintienne cette position dans le Classement à venir.

Plus d’information sur l'impact de la crise sur les médias au Burundi ici.