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1 octobre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Julio Ernesto Alvarado à nouveau interdit d’exercer son métier de journaliste


La Cour d’appel du Honduras a rétabli l’interdiction d’exercer toute activité d’information pendant seize mois pour Julio Ernesto Alvarado. La peine, imposée au journaliste de Globo TV dans le cadre du procès pour diffamation dont il fait l’objet depuis février 2014, avait pourtant été suspendue le 3 avril dernier. Suite à la décision de la cour d’appel, le 24 septembre dernier, le journaliste hondurien de Globo TV, Julio Ernesto Alvarado, se retrouve à nouveau interdit d’exercer son activité professionnelle pendant seize mois. Le journaliste est accusé de diffamation par l’ancienne doyenne de l’Université nationale de sciences économiques du Honduras, Belinda Flores Mendoza, pour avoir diffusé des informations concernant les charges portées à son encontre par la Cour suprême. En février dernier, la Cour de cassation l’avait condamné à seize mois de prison et à l’interdiction d’exercer son métier de journaliste pendant la durée de sa détention. La peine principale avait été transformée en amende en mars 2014. L’interdiction d'exercer son métier avait également été levée en avril 2014 par un tribunal de Tegucigalpa (Juzgado de Ejecución Sección Judicial). “Reporters sans frontières rejette la décision de la cour contre le journaliste Julio Ernesto Alvarado et demande qu’il soit exempté de toutes les charges retenues contre lui, déclare Virginie Dangles, adjointe à la direction des Programmes de l’organisation. L’interdiction d’exercer le métier de journalisme s’apparente à de la censure. La justice hondurienne doit oeuvrer pour la liberté de l’information dans le pays et s’assurer que la législation contre la diffamation ne devienne pas un outil pour faire taire les voix d’opposition dans les médias.” La poursuite judiciaire contre Julio Ernesto Alvarado s’ajoute aux nombreux actes d’intimidation à son encontre. Le journaliste a affirmé avoir été suivi par des véhicules suspects en sortant de son domicile les 26 et le 27 septembre. En 2013, le journaliste avait suspendu l’émission de son programme « Medianoche » sur Radio Globo après avoir reçu des menaces constantes pendant plus d’un an. Objet d’inquiétantes mesures de surveillance depuis 2012, Julio Ernesto Alvarado émettait régulièrement des critiques aux autorités et aux forces armées honduriennes. Reporters sans frontières a récemment dénoncé une volonté évidente de la part du gouvernement hondurien de museler les médias critiques. Le groupe Radio y TV Globo est l’un des médias d’opposition les plus écoutés du pays depuis le coup d’état, et son directeur, David Romero Ellner, a été accusé en août 2014 de diffamation et risque une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans d’incarcération. Le Honduras, 129ème sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse, a vu une hausse très importante du nombre d’agressions, menaces et assassinats de journalistes pendant les dernières années. Il s’agit à présent du quatrième pays le plus meurtrier pour les journalistes dans les Amériques.