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29 septembre 2020

Intervention de RSF sur les violations des droits des journalistes au Yémen au Conseil des droits de l'Homme

A l’occasion d’un débat au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU en présence du Groupe d’experts sur le Yémen, Reporters sans frontières (RSF) a condamné les violations des droits des journalistes commises par tous les acteurs du conflit armé, a appelé à la libération des journalistes détenus et a rappelé l’obligation découlant du droit international humanitaire des autorités d’assurer la protection des journalistes ne participant pas aux hostilités.

RSF reproduit ci-dessous l’intervention orale de sa responsable du plaidoyer, Isabel Amossé, qui a participé mardi 29 septembre au dialogue interactif organisé par le Conseil des droits de l’Homme sur le Yémen :


“Madame la Présidente, 


Reporters sans frontières salue le travail du Groupe d’experts sur le Yémen, classé à la 167e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. La situation dans le pays est très préoccupante depuis plusieurs années et le reste aujourd'hui. 


D’une part, le contexte de conflit armé expose les reporters de terrain à un risque de mort dans l’exercice de leur métier. D’autre part, la polarisation des médias divisés entre tous les acteurs du conflit alimente la défiance et la répression envers les journalistes indépendants, qui sont vus comme des militants ou des espions. 


Les violations sont commises par tous les camps et dans toutes les zones de contrôle, sans exception.


En avril 2020, les rebelles Houthis ont condamné à mort quatre journalistes accusés d’espionnage au profit de l’Arabie saoudite car ils travaillaient pour des médias proches du parti Islah. La condamnation a fait l'objet d'un appel. Nous demandons leur libération. 


En juin 2020, le photographe Nabil Hasan Al-Qaety a été assassiné par des hommes armés inconnus devant son domicile de Dar Sad. Aucune enquête n’a été ouverte par le Conseil de transition du Sud pour traduire les auteurs en justice.


Depuis le 27 mai 2020, le photographe Abdullah Bukeir est toujours en détention provisoire. Il est accusé de “formation d’un groupe armé” et “mise en danger du gouverneur de la province” pour avoir partagé en image une boîte de mouchoirs à l’effigie de ce dernier. Sa détention provisoire vient d’être prolongée.


Pour conclure, RSF rappelle que les autorités ont le devoir de protéger les journalistes, qui ne doivent en aucun cas être considérés comme des parties prenantes au conflit. RSF appelle à libérer tous les journalistes emprisonnés et à ce que la vérité soit faite sur la mort de ceux assassinés. 


Je vous remercie.”