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29 juin 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Inquiétude après l'adoption d'un projet de loi sur la publication par la presse des écoutes administratives


Le Sénat italien doit examiner prochainement le projet de loi sur les écoutes téléphoniques adopté le 17 avril 2007 par la Chambre des députés. Présenté par le ministre de la Justice, Clemente Mastella, ce texte concerne les écoutes administratives et règlemente la publication de ces interceptions téléphoniques par la presse. Voté à une large majorité (447 voix pour, 7 abstentions) par les 630 députés, les sénateurs doivent désormais se prononcer sur ce texte. “Reporters sans frontières appelle les sénateurs à ne pas voter cette loi en l'état. Si celle-ci est adoptée, la marge de manoeuvre et de décision des journalistes s'en verrait fortement réduite. Les sanctions prévues vont même jusqu'à des peines de prison. Ce serait une régression pour la démocratie italienne”, a déclaré l'organisation de défense de la liberté de la presse. Plusieurs dispositions inquiétantes sont prévues : l'obligation de détruire tous les enregistrements cinq ans après la décision du juge, et l'interdiction de publier ou de diffuser un enregistrement si l'enquête est terminée, par exemple. Ces restrictions apportées à la liberté de publication sont doublées de lourdes sanctions prévues à l'encontre des médias en cas de non-respect. Les peines applicables prévoient une amende (jusqu'à 100 000 euros), mais également des jours de détention. Les médias italiens et les syndicats de journalistes ont vivement réagi. Le président de l'Ordre des journalistes, Lorenzo del Boca, s'est exprimé ainsi : “Ce serait la première fois qu'un pouvoir extérieur aurait la possibilité d'intervenir et de se prononcer sur la déontologie professionnelle des journalistes (...) Par ailleurs, la menace de prison pour les journalistes, punis tout simplement pour avoir exercé leur métier, nous ferait retourner en arrière d'une dizaine d'années.” Le syndicat national des journalistes italiens (FNSI) a proclamé une journée de grève nationale, samedi 30 juin, en signe de protestation.