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8 juillet 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Honduras : trois nouveaux assassinats au pays de l’impunité


Reporters sans frontières (RSF) dénonce la vague d’assassinats de journalistes au Honduras. En une dizaine de jours, près de trois professionnels des médias ont été tués, dans un pays où l'impunité est la règle.
Le 3 juillet, des tueurs à gage ont abattu Joel Aquiles Torres, propriétaire du média Canal 67 et actionnaire d'une compagnie de câble à Taulabe, Comayagua (centre), alors qu'il était au volant de sa voiture. Selon la police, son véhicule a été touché par au moins 29 impacts de balles et la moto utilisée par les tueurs a été retrouvée abandonnée à trois kilomètres de la scène de crime. Pour l'heure, peu d'informations circulent sur les avancées de l'enquête policière. Quelques jours auparavant, le 25 juin 2015, Jacobo Montoya Ramirez, journaliste de radio et télévision à Copan, Ruinas (ouest) était également abattu par des tueurs à gage. D'après les témoins, les tueurs ont d'abord tiré sur le journaliste sur le seuil de sa porte, puis l'ont poursuivi à l'intérieur de sa maison pour l'abattre. La mère de la victime a été témoin des faits. Deux jours plus tôt, Juan Carlos Cruz Andara, journaliste de la chaîne Teleport, est retrouvé assassiné à l'arme blanche dans sa maison à Puerto Cortés (nord). En février dernier, Cruz Andara avait dénoncé une menace de mort à son encontre auprès de la police, mais continuait à travailler depuis. Il gérait également des programmes de promotion touristique de la municipalité et était connu comme activiste de la communauté LGBTI. "RSF s'insurge contre cette violence terrible à l’encontre des journalistes, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. L’impunité ne peut régner en maître dans le pays ; les autorités policières et le ministère public ne doivent pas exclure la piste professionnelle et doivent mener des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies pour résoudre ces odieux assassinats. Le Honduras doit passer des paroles aux actes et se conformer à ses engagements internationaux, notamment aux recommandations acceptées lors des Examens périodiques universels de 2010 et 2015 sur la protection des journalistes et la tenue d’enquêtes effectives pour ces crimes.” Ces violences surviennent quelques mois après le meurtre d'Erick Arriaga, opérateur de Radio Globo, en février dernier. Le Honduras est l'un des pays les plus meurtriers pour les journalistes en 2014, derrière le Mexique, la Colombie et le Brésil. RSF recense 28 journalistes ou collaborateurs de médias assassinés en raison de leur activité professionnelle depuis 2000. Ces trois nouveaux meurtres sont malheureusement susceptibles d’être ajoutés à cette liste. Le Honduras est situé à la 132e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en février 2015.