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1 juillet 2010 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Grâce royale pour l'internaute Suwicha Thakor


"La prison c'était très dur. Au début j'étais complètement bouleversé. J'ai touché le fond! Il fallait que je me batte pour survivre. Heureusement, ma famille m'a rendu visite régulièrement. J'ai tenu le coup en suivant l'enseignement du bouddhisme, en pratiquant la méditation. Je me sens maintenant en pleine forme, mais j'ai perdu mon travail. Je vais probablement devenir bonze pour quelque temps. Je continue de penser douloureusement aux quatre ou cinq personnes qui sont toujours en prison pour crime de lèse-majesté, aux prisonniers politiques et aux autres détenus. La situation actuelle en Thaïlande est vraiment préoccupante. C'est une période difficile pour le pays. Je remercie tous ceux qui m'ont aidé et notamment Reporters sans frontières qui a maintenu la pression durant tout le temps de ma détention", a déclaré Suwicha Thakor à Reporters sans frontières, après sa libération. Le 28 juin 2010, Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande, a gracié Suwicha Thakor. Ce simple internaute avait été condamné à dix ans de prison par la Cour criminelle de Ratchada (nord-est de Bangkok), le 3 avril 2009, pour “crime de lèse-majesté”. Reporters sans frontières se réjouit de cette libération. L'organisation continue de dénoncer l'instrumentalisation du crime de lèse-majesté et demande la réforme de cette loi. L'application de la loi de lèse-majesté amène inévitablement à des applications injustes : elle porte directement atteinte à la liberté d'expression et les peines prononcées sont disproportionnées, allant de 3 ans à 15 ans de prison. Si les manifestations violentes ont pris fin à Bangkok, la "bataille" se tient toujours sur la Toile où au moins 5000 pages sont toujours censurées. Suwicha Thakor avait été arrêté en février 2009 dans la province de Nakhon Phanom (Nord-Est). Il était accusé d'avoir utilisé un logiciel pour modifier des photos de la famille royale avant de les diffuser sur le Web. La Thaïlande fait partie des "Pays sous surveillance" listés par Reporters sans frontières dans son rapport sur les Ennemis d’Internet publié le 11 mars 2010.