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16 mars 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Fin de l’enquête contre William Parra


Au terme d’une bataille judiciaire de sept ans, la justice colombienne a innocenté le journaliste de Telesur William Parra, qui était suspecté de liens avec les FARC. Reporters sans frontières (RSF) se félicite de cette décision et demande des réparations. Le 11 mars dernier, le bureau du procureur de la Nation (“Fiscalía General de la Nación” ) mettait fin à une longue procédure contre le journaliste de Telesur William Parra, qui était accusé d’avoir entretenu des liens avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Le journaliste était dans la ligne de mire des autorités colombiennes depuis 2006, date de son entrée à Telesur, et harcelé par la justice depuis sept ans. Cette décision de la justice colombienne met fin à un procès hérité des années noires du Président Uribe, au cours desquelles les écoutes téléphoniques (“chuzadas”), les menaces contre les médias, attribuées aux paramilitaires ou au Département administratif de sécurité (DAS), ont contraint de nombreux journalistes à s’exiler. “Reporters sans frontières se réjouit de cette décision, même si elle survient beaucoup trop tard, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Vu le préjudice évident qu’a subi William Parra, ce dernier doit désormais obtenir réparation notamment sous la forme d’une indemnisation équitable.” En 2007, le directeur de la police nationale colombienne, le général Oscar Naranjo, avait accusé William Parra de “manipulation et complicité” avec les FARC dans l’enlèvement du capitaine Guillermo Javier Solórzano. En 2010, le journaliste faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour “rébellion”, “association de malfaiteurs” et “financement du terrorisme”. Son nom serait apparu dans plusieurs emails retrouvés dans l’ordinateur de Raúl Reyes, ancien numéro deux des FARC, abattu par l’armée colombienne en territoire équatorien en mars 2008. Le procureur à l'origine de cette décision était un militaire à la retraite, qui fut dessaisi plus tard. A aucun moment, la défense n’a eu accès aux preuves présumées. Face à ces accusations infondées, le journaliste avait été contraint de s’exiler au Venezuela où il réside depuis 2007. Envisage-t-il de retourner en Colombie après cette décision? “Je souhaite rentrer mais je ne sais pas s’il existe, à ce jour, les garanties suffisantes et les conditions nécessaires, déclare-t-il à RSF. Je ne sais pas si l’establishment me laissera revenir. La Colombie vit un moment particulier de son histoire. J’espère que cela donnera l’opportunité à ceux qui ont toujours parié sur la paix d’exercer leur activité journalistique.” La Colombie est 128ème sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières en février dernier.