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27 mai 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Eynulla Fatullayev remis en liberté par le fait du prince


Reporters sans frontières salue avec un grand soulagement la remise en liberté du journaliste Eynulla Fatullayev.

« Nous nous associons à la joie des proches et des collègues d’Eynulla Fatullayev, qui l’ont vu rentrer à la maison hier soir vers 18h. Le rédacteur en chef de Realny Azerbaijan était devenu le symbole de l’arbitraire du pouvoir, qui aura usé de tous les stratagèmes pour le maintenir derrière les barreaux le plus longtemps possible. De ce point de vue, la grâce présidentielle n’est qu’un nouveau fait du prince, qui ne saurait racheter les quatre ans que le journaliste a passé en prison pour n’avoir fait que son métier », a déclaré l’organisation.

« Le directeur de la prison est venu me voir pour me dire de rassembler mes affaires », a raconté Eynulla Fatullayev au correspondant de l’organisation, venu célébrer l’événement chez lui. « J’ai d’abord cru à une nouvelle provocation. Mais on m’a ensuite demandé de signer ma déclaration de remise en liberté (…) et renvoyé à la maison. »

Le journaliste a exprimé sa gratitude aux organisations internationales et non-gouvernementales qui se sont mobilisées en sa faveur. « La pression internationale a eu un impact très important », a-t-il déclaré à Reporters sans frontières au téléphone ce matin.

« Je vais bien sûr reprendre mes activités journalistiques, mais je ne sais pas encore si je vais le faire en Azerbaïdjan ou à l’étranger. Je vais d’abord voir si les conditions sont réunies, notamment en termes de sécurité, pour que je puisse travailler dans mon pays. Si ce n’est pas le cas, je serai contraint de m’exiler », a-t-il ajouté.

Ce moment est historique au sens où l’Azerbaïdjan, à notre connaissance, ne compte désormais plus aucun journaliste des médias « traditionnels » emprisonné. Mais ceci ne doit pas cacher la réalité du violent pic de répression qui touche les médias depuis plus de deux mois. Des jeunes activistes et blogueurs sont jugés et emprisonnés, et les journalistes d’opposition, notamment d’Azadlig, font l’objet d’un harcèlement permanent.

(Photo: Turan)

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17.03.2011 - L'Azerbaïdjan reste sourd aux appels

Reporters sans frontières exprime son inquiétude quant à l’aggravation des conditions de détention d’Eynulla Fatullayev, en prison depuis 2007.

Transféré le 2 mars 2011 à la prison n°1 de Bakou, le journaliste a reçu des menaces sérieuses de la part de codétenus, comme l’a déclaré son avocat Anar Gasimov lors d’une conférence de presse le 15 mars. Le journaliste émérite Shahveled Chobanoglu a confirmé que certains détenus étaient même prêts à le tuer, du fait de ses activités d’investigation passées. La situation est d’une telle gravité qu’Eynulla Fatullayev préfère rester enfermé en cellule de confinement, alors qu’il fait face à de graves problèmes de santé. « Il est extrêmement stressé et tousse constamment » a rapporté Gasimov. Désespéré, le journaliste a envoyé une lettre au président Ilham Aliev.

Avec le Groupe de partenariat international pour l’Azerbaïdjan, Reporters sans frontières salue par ailleurs la décision du comité des ministres du conseil de l’Europe qui, le 10 mars dernier, a pressé l’Azerbaïdjan de respecter la décision de la Cour Européenne des Droits de l’homme d’avril 2010 et de libérer Fatullayev.

Une succession d’accusations fallacieuses a été invoquée pour maintenir le journaliste d’investigation en prison depuis 2007. La dernière en date concerne la « possession de drogues ».

Communiqué de presse du Groupe de partenariat international pour l'Azerbaïdjan :