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19 janvier 2017

Etats-Unis - RSF exhorte Obama à gracier le lanceur d’alerte Jeffrey Sterling

Au lendemain de la décision du président Obama de commuer la peine de l'ex-soldat Chelsea Manning et d’accorder son pardon au général James Cartwright, condamné pour avoir menti au FBI au sujet de ses discussions avec des journalistes à propos du programme nucléaire iranien, Reporters sans frontières (RSF) renouvelle son appel à gracier de toute urgence le lanceur d’alerte Jeffrey Sterling. Ce dernier a été condamné à 3 ans et demi de prison pour le simple fait d’avoir été en contact avec le journaliste du New York Times, James Risen.
RSF avait déjà exprimé sa grande inquiétude quant au motif de condamnation de Jeffrey Sterling et avait lancé une pétition pour réclamer sa grâce. Cette pétition a recueilli près de 110 000 signatures sur change.org. Jeffrey Sterling, un ancien agent de la CIA, a été condamné en vertu de la loi fédérale « Espionage Act », le 26 janvier 2015, pour avoir fourni des informations sur une opération de la CIA concernant le nucléaire iranien au journaliste du New York Times, James Risen. Il purge actuellement une peine de trois ans et demi de prison dans un établissement correctionnel du Colorado.

Au cours du procès de Jeffrey Sterling, le ministère de la Justice avait été dans l’incapacité de présenter la moindre preuve directe attestant que l’accusé avait bien divulgué des informations classifiées à James Risen. Seules des preuves circonstancielles - emails et conversations téléphoniques - avaient été utilisées pour démontrer sa culpabilité à un jury enclin à le condamner.

Etant donné que Jeffrey Sterling a utilisé des canaux de communication appropriés et a informé la Commission du Sénat sur le Renseignement de son inquiétude quant à la sécurité du peuple américain, il est considéré comme un lanceur d’alerte.

« Nous saluons la réduction de peine de Chelsea Manning et pressons le président Obama de gracier Jeffrey Sterling demain, jour au cours duquel il entend commuer les peines d’autres prisonniers avant de quitter ses fonctions », a déclaré Delphine Halgand, directrice du bureau Amérique du Nord de RSF. « Jeffrey Sterling n’aurait pas dû aller en prison simplement pour avoir été en contact avec un journaliste et il mérite de rentrer chez lui auprès de sa femme, Holly.’"

La guerre menée par le président Obama contre les lanceurs d’alerte s’inscrit dans une inquiétante tendance globale visant à limiter la liberté de la presse aux Etats-Unis. Depuis 2013, les Etats-Unis ont chuté de 14 rangs dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Ce pays est désormais 41ème sur 180 d’après des données datant de 2015.