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25 novembre 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Encore 14 journalistes blessés dans des manifestations liées aux 43 étudiants disparus


Les agressions à l’encontre des journalistes continuent dans le cadre des manifestations pour réclamer la vérité sur les 43 étudiants disparus au Mexique. Reporters sans frontières a pris connaissance d’au moins 14 autres journalistes blessés le 20 novembre 2014 lors d’une manifestation à Mexico. Ce chiffre s’ajoute aux sept professionels de l’information blessés le 11 novembre dernier. Certains journalistes ont été directement pris pour cibles; d'autres sont des victimes collatérales. La violence vient à la fois des forces de l’ordre et de manifestants cagoulés. Reporters sans frontières présente les témoignages de trois victimes. Eduardo Verdugo, Photographe de l’agence Associated Press « Je me préparais à envoyer quelques photographies de la fin de la manifestation quand j’ai vu la police interpeller un groupe de jeunes assis devant le Palais (national). Je les ai suivis (...) puis un civil de l’Etat major m’a poussé et des agents de la police fédérale que j’ai identifiés grâce à leurs uniformes m’ont demandé mes appareils photos. Bien que je me sois identifié comme un membre de la presse dûment accrédité, ils m’ont jeté à terre. Un policier m’a presque étranglé, je lui ai dit que je ne pouvais presque pas respirer. J’ai fini par lâcher mon matériel. On m’a ordonné de m’agenouiller et ils sont partis avec mon équipement. J’ai signalé cela à un autre agent de la police fédérale en indiquant les responsables. Il m’a complètement ignoré. ». Le photographe présente des ecchymoses et des lacérations au cou. Eduardo Miranda, Photographe de la revue Proceso Eduardo Miranda raconte qu’il prenait des photos de la place du Zócalo à la fin de la manifestation quand il s’est rendu compte que la situation dégénérait. On a renversé les clôtures métalliques qui retenaient les manifestants et les policiers se sont mis à lancer contre la foule les objets que leur avaient lancés des manifestants. Il a commencé à prendre des photos. C’est à ce moment qu’il a vu un policier fédéral jeter un objet en métal dans ma direction. Il a été touché à la jambe droite et a commencé à saigner. (...) Une collègue l’a accompagné à un centre médical. On lui a dit qu’il aurait besoin d’une intervention chirurgicale. » María Idalia Gómez, coordinatrice du portail web Eje Central « Je prenais des photos de la manifestation avec mon portable aux alentours du Palais national quand un groupe de personnes cagoulées, habillées en civil, s’est jeté contre moi et m’a jeté à terre. J’ai essayé de protéger mon équipement lors de ma chute et ai fini par fracturer mon poignet gauche. Je suis certaine que j’ai été directement visée parce qu’on avait vu que je prenais des photos des affrontements entre les agents des forces de l’ordre et les manifestants. » Ces propos illustrent la banalisation de la violence à laquelle les professionnels des médias font face lors de la couverture de manifestations. Reporters sans frontières condamne fermement ces attaques et exhorte les autorités mexicaines à mener des enquêtes approfondies y compris sur les abus des forces de l’ordre. L’Etat mexicain doit garantir la sécurité des journaliste qui font un travail d’intérêt général essentiel. Le Mexique se situe à la 152ème place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.