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11 mai 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

En Syrie, les autorités relâchent la pression. Au Bahreïn, les médias étrangers continuent à être pris pour cibles.


SYRIE

Reporters sans frontières a appris avec soulagement la libération, le 10 mai 2011, de six figures de l’opposition, parmi lesquels Fayez Sara, journaliste et écrivain syrien, arrêté le 11 avril dernier, et le blogueur Kamal Sheikhou, arrêté quant à lui le 16 mars, contre le versement d’une caution de 5 000 livres syriennes (73 euros) chacun. Hazem Nahar, connu également pour ses articles sur son blog (http://webcache.googleusercontent.com/search?hl=ar&q=cache:KnByyAA48PEJ:...), arrêté le 28 avril dernier, est également sorti de prison. Toutefois, la situation demeure particulièrement préoccupante pour les personnes toujours incarcérées ou dont on est sans nouvelles. Un des cas les plus préoccupants est celui de la journaliste américano-canado-iranienne Dorothy Parvaz qui travaille pour Al-Jazeera English, disparue depuis son arrivée à l’aéroport de Damas, le 29 avril dernier. La chaîne dément l’information publiée, le 10 mai dernier, par le journal gouvernemental syrien Al-Watan selon laquelle la journaliste aurait quitté le pays le 1er mai dernier “sans faire état de sa destination” (http://www.alwatan.sy/dindex.php?idn=100992). Si, comme les autorités le prétendent, la journaliste a quitté le territoire syrien, elles doivent apporter la preuve de ce qu’elles avancent. L’argument selon lequel Dorothy Parvaz n’aurait pas fait mention de sa destination n’est absolument pas crédible : depuis quand les autorités syriennes ignorent la destination des personnes qui reprennent l’avion depuis l’aéroport international de Damas ? Les autorités doivent s’expliquer sur la disparition de cette journaliste, introuvable depuis maintenant bientôt deux semaines. Il est à craindre que les autorités utilisent le fait que Dorothy Parvaz soit entrée en Syrie avec son passeport iranien pour l'expulser vers l'Iran. Voir la page Facebook demandant la libération de la journaliste : http://www.facebook.com/FreeDorothy?sk=wall). Sont toujours détenus : - Le journaliste et blogueur syrien Jehad Jamal, connu sous le pseudo Milan, arrêté le 5 mai dernier à Alep dans le café Milano. Ainsi que le propriétaire de l’ordinateur que Jehad utilisait au moment de son arrestation, Jilal Siris. Une troisième personne a été également arrêtée. Les autorités ont cherché à connaître le mot de passe utilisé par Jehad Jamal afin de pouvoir avoir accès à sa boîte mail et à son compte Facebook. D’après nos informations, les autorités auraient réussi à contrôler son compte Facebook. - Le journaliste et écrivain syrien Ammar Mashour Dayoub, arrêté le 9 mai alors qu’il participait à une manifestation avec une centaine de personnes dans le square d’Arnous, au centre de la capitale. - La journaliste et activiste Malak Al-Shanawani, arrêtée le 9 mai. - La correspondante du quotidien libanais Al-Safir, Ghadi Frances, arrêtée à Damas le 7 mai dans l’après-midi. - l’écrivain et journaliste syrien Omar Koush, depuis le 2 mai dernier (arrêté à l’aéroport de Damas après sa participation à une conférence en Turquie), - Mohamed Zaid Mistou, journaliste norvégien, d’origine syrienne, arrêté le 7 avril, On est toujours sans nouvelles des journalistes Akram Abu Safi et Sobhie Naeem Al-Assal depuis le 24 mars dernier. (lire http://fr.rsf.org/bahrein-volonte-d...)

BAHREIN

Reporters sans frontières condamne la décision des autorités du Royaume du Bahreïn, le 10 mai, d’expulser Frederik Richter, correspondant de l’agence Reuters au Bahreïn depuis 2008. Le journaliste de nationalité allemande a une semaine pour quitter le territoire. Il est accusé de manquer de neutralité dans sa couverture du mouvement de protestation pro-démocratique. « Reuters regrette la décision du Bahreïn d’expulser son correspondant », a déclaré le rédacteur en chef Stephen Adler, tout en réaffirmant la qualité du travail de Frederik Richter. L’Autorité en charge de gérer les médias a toutefois souligné que les autorités bahreïnies n’avaient aucun problème avec l’agence et que cette décision ne visait pas à fermer les bureaux de Reuters au Bahreïn. En outre, l’organisation a appris que la journaliste du quotidien espagnol El Mundo, Monica Pietro, s’était vu interdire l’accès au territoire le 9 mai dernier. Elle a été expulsée le lendemain vers l'Espagne. Lire son témoignage en espagnol: http://www.elmundo.es/elmundo/2011/05/10/comunicacion/1305059020.html. Reporters sans frontières dénonce fermement la répression des autorités à l’encontre des médias étrangers qui veulent couvrir le mouvement de protestation pro-démocratique dans le pays, et demande au Royaume de laisser les journalistes étrangers entrer dans le pays et travailler librement. Ali Omid, jeune activiste, à la tête de l’association Ali AlAsghar Society, à visées sociales, fondateur et administrateur du forum http://alialasghar.us/vb, bloqué au Bahreïn depuis 2009, a été arrêté le 10 mai 2011 à 1h30 du matin à son domicile de Muharraq. Il a été transféré dans un lieu inconnu. Une page de solidarité avec le blogueur a été lancée sur Facebook: http://on.fb.me/ke1pOG