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8 février 2011 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Dix jours de supplices pour le blogueur Nat Soe, et une condamnation à dix ans de prison supplémentaires


Reporters sans frontières et la Burma Media Association se disent outrées par la condamnation, le 2 février 2011, du blogueur Kaung Myat Hlaing (“Nat Soe”) à dix ans de prison, au titre de l’Electronics Act. La peine s’ajoute aux deux ans de détention déjà prononcés à son encontre en avril 2010. La sentence a été annoncée lors d’un procès tenu à huis clos au sein même de la prison d’Insein où il est privé de liberté, sans aucun respect pour le droit de la défense. Les autorités lui reprochent d’avoir participé a des campagnes d’affichage en faveur de la libération d’Aung San Suu Kyi et d’autres prisonniers politiques. Les organisations soulignent l’incohérence de la peine prononcée à l’encontre de Nat Soe pour des activités présumées de soutien à Aung San Suu Kyi, alors même que celle-ci a été relâchée par les autorités birmanes. Kaung Myat Hlaing a été conduit de sa cellule à la salle des interrogatoires où il est resté pendant dix jours, privé de nourriture, d’eau et de sommeil. A bout de forces, le blogueur a avoué faire partie d’un groupe dissident, “the best fertiliser”. A l’issue d’un premier procès ubuesque, Kaung Myat Hlaing avait été accusé d’avoir pris part aux attentats commis lors du Festival de l’eau en avril 2010. Le blogueur avait été maintenu en détention bien que son innocence dans les faits ait ensuite été établie. Jeté une première fois en détention alors que sa culpabilité n’avait pas été reconnue, Kaung Myat Hlaing est condamné un deuxième fois sur la base d’aveu soutiré par la torture. Tout dans les méthodes de la justice birmane montre la volonté des autorités d’écraser avec brutalité les défenseurs de la liberté d’expression et de fouler aux pieds les droits fondamentaux. Deux autres blogueurs, Zarganar (voir le communiqué) et Nay Phone Latt (voir le communiqué), sont toujours détenus dans le pays. La Birmanie est placée en 174ème position sur 178 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières, et fait partie de la liste des pays “Ennemis d’Internet” dressée chaque année par l’organisation.