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10 juillet 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Dix ans de prison pour les journalistes d’Unity : “un recul grave pour la liberté de la presse” en Birmanie


Les journalistes d’Unity poursuivis pour “violation des secrets d’Etat” ont été condamnés, le 10 juillet, à dix ans de prison avec travaux forcés. Après des progrès offrant plus de liberté aux médias, la Birmanie amorce un virage à 180 degrés en matière de liberté de l’information.
Deux pas en avant, trois en arrière pour la liberté de la presse en Birmanie. La condamnation, le 10 juillet, des cinq journalistes d’Unity pour “violation de secrets d’Etat” par la cour de Magway (Centre) à dix ans de prison et à des travaux forcés est un véritable retour en arrière opéré par le régime birman. “Cette décision de la cour de Magway représente un recul grave pour la liberté de la presse. Alors que des progrès avaient été faits en la matière, cette affaire marque un retour à une période obscure du pays, quand les journalistes et les blogueurs étaient emprisonnés pour atteinte à la sécurité nationale ou tentative de renversement du régime, pour avoir simplement effectué leur travail”, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Cette condamnation fait suite à la publication, le 25 janvier dernier, d’un article portant sur l’existence d’une usine réaffectée en site d’armement et régulièrement visitée par des généraux. Les journalistes, Lu Maw Naing, Yarzar Oo, Paing Thet Kyaw (Aung Thura), Sithu Soe, et leur PDG, Tint San, sont emprisonnés depuis début février et encouraient jusqu’à 14 ans d’emprisonnement. Cette condamnation intervient dans un climat de tension pour les journalistes, où investigations policières et menaces constituent de nouveaux nouveaux outils de la répression. La Birmanie se situe à la 145e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières. Photo: DVB