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4 janvier 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

“Disparition” de trois moines tibétains


Trois moines tibétains, Sungrab Gyatso, Yeshi Sangpo et Draksang, n’ont donné aucun signe de vie depuis leur placement en détention début décembre 2012, par les autorités chinoises, qui leur reprochent d’avoir transmis des informations sur une manifestation. Un policier et militant pro-démocratie, a quant à lui été condamné à 14 ans de prison.

“ Cette condamnation et ces mises au secret constituent des mesures radicales mais pourtant régulièrement employées envers des défenseurs des droits de l’homme engagés dans la diffusion d’informations que le régime cherche à étouffer. Reporters sans frontières s’indigne de cette pratique, qui prouve bien qu’au delà de censurer les paroles de liberté et de justice, la République populaire de Chine continue de s’en prendre aux voix qui les portent”, a indiqué l’organisation. “Nous réclamons la libération immédiate des trois moines, Sungrab Gyatso, Yeshi Sangpo et Draksang ainsi que du policier Wang Dengchao, et l’abandon définitive des charges qui pèsent à leur encontre”.

Selon le Tibetan Center for Human Rights and Democracy, la police du comté de Chabcha (Ch:Gonghe), situé dans la province du Qinghai, aurait placé les trois moines en détention pour avoir partagé des informations sur la manifestation étudiante du 26 novembre dernier à Chabcha. Les arrestations et condamnations de moines qui ont relayé des informations sur des immolations ou manifestations se sont multipliées ces derniers mois.

Depuis son arrestation, le 1er décembre dernier, par des officiers du Bureau de Sécurité Publique, aucune information n’a été donnée sur les conditions ni même sur le lieu de détention de Sungrab Gyatso.

Les deux autres moines, Yeshi Sangpo, 37 ans, et Draksang, 26 ans, ont eu aussi disparu, le 3 décembre, après s’être rendus pour un interrogatoire au bureau du gouvernement local. La nuit du 2 décembre, un groupe de policiers issus de la Police Armée du Peuple (PAP) s’était rendu au monastère de Khyamru pour procéder à leur arrestation. Mais des moines présents à l’intérieur avaient refusé d’ouvrir les portes, que la PAP avait par la suite verrouillées de l’extérieur. Le lendemain matin, à l’heure de la prière, la PAP a refusé l’accès du monastère aux autres moines, leur suggérant d’adresser leurs plaintes au bureau du gouvernement local. Rapidement, 150 moines se sont mis en route, mais ont été stoppés par des Tibétains craignant une escalade de la violence. Plus tard, un groupe des forces armées spéciales, accompagné d’officiels du régime, s’est rendu sur place. Selon des témoins, ils auraient indiqué détenir une liste de 10 Tibétains en instance d’incarcération, mais ne vouloir pour l’heure qu’uniquement s’entretenir avec Yeshi Sangpo et Draksang. Leurs lieux et conditions de détention demeurent aujourd’hui inconnus.

Dans la ville de Shenzhen, située dans la province du Guangdong, Wang Dengchao (王登朝), un policier de 38 ans, vient d’être condamné à 14 ans de prison. Incarcéré depuis le mois de mars dernier, il est officiellement accusé de “détournement de fonds” et de “crime d’entrave aux affaires officielles”. Il entretenait des liens étroits avec plusieurs blogueurs dissisents, et se rendait régulièrement sur des forums où il postait des messages promouvant la démocratie et dénonçant les systèmes judiciaire et politique chinois.

Photo : Cercueils de moines immolés durant les protestations de février 2012 - Diptendu Dutta (AFP)